Publié le jeudi 26 janvier 2012 à 10H00 - Vu 700 fois
Une arrivée en musique, comme les stars.
Christian Lantenois
REIMS (Marne) Les élèves de Reims Management School (pourquoi ne pas prendre un nom chinois, ça serait encore plus à la page !) ont très bien organisé leur affaire. Et c'est un ancien Premier ministre intellectuellement en forme qui a répondu à toutes leurs questions. Sur le fond, pas de surprise. Lionel est resté fidèle à Jospin.
De vrais pros de la com'déjà, adeptes des petits jeux et des petites phrases ! A croire qu'ils ont dégusté leur biberon devant Canal +. Mais bon il faut avouer que la soirée était réussie. La preuve, les étudiants et étudiantes transformés en David Pujadas et Ariane Massenet ont réussi à dérider celui qui se définissait jadis comme « un austère qui se marre ».
On attendait bien sûr l'ancien Premier ministre sur le terrain de la présidentielle qui s'annonce. Qu'a dit celui qui a failli être président ou plutôt qui a failli à l'être ? A la vérité, il n'a pas dit grand chose. Jospin s'est interdit de donner le moindre conseil de campagne à Hollande, du moins publiquement. Je le comprends. Que pourrait-il dire sinon : « Tu vois François, tu fais exactement le contraire de ce que j'ai fait en 2002, et dans ce cas tu as une chance » ?
Les questionneurs se sont donc reportés sur l'actualité économique. Il y a de quoi faire.
Que penser de la perte du triple A ? Lionel Jospin a cru bon de relativiser tout en signalant que Nicolas Sarkozy n'aurait pas dû faire monter la pression en parlant de « trésor national ». Les 35 heures ? S'il admet des ratés dans l'application de la loi phare de son gouvernement, notamment dans les hôpitaux, il ne regrette pas une mesure qui a créé entre 350 et 450 000 emplois. La règle d'or ? Pourquoi introduire dans la constitution quelque chose qui n'a rien à y faire, a-t-il dit en substance. D'autant que la règle d'or existe dans les faits, ce sont les critères de Maastricht. Pourquoi s'en prendre à la finance se sont indignés quelques traders en herbe qui visiblement ont du mal à se faire à l'idée qu'on puisse un jour restreindre leur pouvoir de nuisance ? Réponse simple : parce qu'elle est à l'origine de la plus grave crise que le monde ait connu depuis 1929.
« Forcément non ! »
Sur le ton pédagogue et incisif qu'on lui connaît (il y a une clarté dans l'exposé qui nous change des politiques actuels), Lionel Jospin a beaucoup parlé de son bilan passé, très peu évoqué l'avenir comme s'il craignait de porter la scoumoune à son candidat.
Certains ont bien essayé de l'entraîner sur un registre plus personnel. Mais Lionel a encore du mal à fendre l'armure de Jospin (c'est pourtant lui qui a titré son livre « Lionel raconte Jospin »). A la question « vous arrive-t-il en vous rasant devant la glace le matin de regretter d'avoir arrêté la vie publique », Jospin ou Lionel (je ne sais pas trop lequel des deux) a répondu : « Forcément non ! ». Le forcément étant incongru, je me suis demandé si sa réponse était vraiment sincère.
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