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[VIDEO] Les vrais « Intouchables » en mode dédicaces

Publié le mercredi 16 mai 2012 à 07H47 - Vu 445 fois


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Photo Remi Wafflart

Philippe Pozzo Di Borgo, ancien dirigeant d'une maison de champagne et auteur du livre "Le second souffle".

Photo Remi Wafflart


REIMS (Marne) Abdel, le gars des banlieues et Philippe, l'aristocrate : les deux hommes qui ont inspiré le film à records étaient hier à la rencontre du public.

LES vrais « Intouchables » étaient hier à Reims : Philippe Pozzo di Borgo et Abdel Sellou, les deux hommes dont l'histoire improbable d'un aristocrate devenu tétraplégique et de son garde-malade issu des banlieues a inspiré le film à records. « Cela fait huit ans que je ne travaille plus pour Philippe, rappelle Abdel. En fait, depuis que lui a rencontré sa (seconde) épouse et moi la mienne. » L'amour a donc séparé les deux complices, « grand maître et petit diable », comme les appelle malicieusement Abdel, mais l'amitié (de Pierre-Emmanuel Taittinger) les a réunis à nouveau pour une journée rémoise.
Avant une partie relativement intime du programme, une première se faisait davantage ouverte au public, avec séances de dédicaces, en deux lieux différents : chez Guerlin pour Abdel, à La Procure pour Philippe, avec chacun son livre : « Tu as changé ma vie » pour le premier, « Le Second souffle » pour le second.
C'est un vrai régal d'entendre l'ancien garde-malade, un gaillard trapu au crâne boule de billard, commenter sa vie : « C'est vrai, comme dans le film, que j'avais tout pour ne pas être pris (comme garde-malade, ndlr) et que les 99 autres avaient le bon profil. D'ailleurs, je n'y croyais pas. Et puis, c'est moi qui ai été pris ; c'est un miracle ! »

"Avant les poulets me couraient après..."
Le film ? « C'est merveilleux de revoir sa vie à l'écran, sans avoir besoin de mourir pour ça ; et on se dit en la voyant que ça vaut le coup de la vivre, c'est un message d'espérance… »
Aujourd'hui, Abdel Sellou fait de l'élevage intensif de volailles au sud d'Alger : « Quand j'étais jeune, c'étaient les poulets qui me couraient après, aujourd'hui, c'est moi qui cours après eux ! »
Philippe Pozzo di Borgo se tenait pour sa part dans un coin de La Procure. Peu de publicité avait été faite autour de sa présence pour éviter les risques de fatigue et de contamination pour son organisme fragile. Mais les admirateurs étaient au rendez-vous, à l'image de Nelly ou Madeleine (lire par ailleurs).
L'intéressé, allongé sur son fauteuil, se faisait un plaisir de leur écrire un petit mot, tenant son stylo par la bouche. « Ça me touche profondément de revenir à Reims, nous confiait-il, c'est le pays de ma mère, c'est un pays où j'ai travaillé avec enthousiasme, et où j'ai beaucoup d'amis ! »

"Nous avons tous des fragilités"
Il mène désormais une autre forme de combat : celui de l'évolution des mentalités pour une acceptation des fragilités humaines. « Notre vie, ce n'est pas éternellement fraîcheur de vivre Hollywood chewing-gum, résume-t-il avec malice, nous avons tous des fragilités, il faut savoir regarder les choses en face et les accepter ! »

 

Antoine PARDESSUS
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