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Vendanges 2010 / Le raisin doit sécher

Publié le jeudi 02 septembre 2010 à 08H59 - Vu 392 fois


Il faudra trier les bonnes grappes  des mauvaises aux prochaines vendanges

Il faudra trier les bonnes grappes des mauvaises aux prochaines vendanges


MARNE. A deux semaines des vendanges, le vignoble subit des épisodes de pourriture. Le soleil et le vent devraient pouvoir remédier au pire. Il faut que les raisins sèchent.

NE sacrifions pas le millésime avant que celui-ci ne soit récolté. Depuis les pluies diluviennes qui se sont abattues le 15 août dernier, le vignoble a la gueule de bois à cause… d'un surplus d'eau. Elle était pourtant la bienvenue sur des terres souffrant de stress hydrique.

Des sols humides


Les sols humides ont été simultanément favorables à l'accumulation des sucres et au grossissement. Cela étant, le soleil d'été du mois d'août aurait dû montrer le bout de son nez pour sécher les baies gonflées. Cela n'a pas été le cas.
Résultats : certaines baies ont craqué et entraîné l'apparition de botrytis, une pourriture grise. Toujours sous l'effet de l'humidité, due aux orages qui se sont succédé, cette pourriture s'est étalée sur toute la grappe.
La fréquence du botrytis est plus faible pour le chardonnay et le pinot noir que pour le pinot meunier (on évoque près de 20 % de vignes touchées). Paradoxalement, c'est en début de floraison que le chardonnay a souffert de coulure et de mildiou. Avec les chaleurs du mois de juillet, ces grains touchés sont tombés, les grappes sont plus aérées et donc moins sensibles à la contamination de botrytis. Ce n'est pas le cas pour les pinots meuniers très compacts (120 grammes).

« La quantité est là »


Pourtant, si des zones comme la Vallée de la Marne et le sud de l'Aisne sont frappées, cela reste encore hétérogène. Comme le souligne un vigneron installé au Breuil : « On voit bien qu'il y a des endroits un peu pourris, mais il faut rappeler que la quantité est là ». C'est bien là le miracle champenois.
Avec un rendement fixé à 10 500 kg/ha, pour la vendange 2010, et des vignes pouvant produire jusqu'à 20 000 kg/ha, la récolte peut être largement sauvée. D'autant plus que les conditions météorologiques de cette semaine sont idéales : des journées chaudes et venteuses, des nuits fraîches. De quoi sécher tranquillement les raisins. Séparer le bon grain de l'ivraie, le tri sera le mot d'ordre des chefs de caves des grandes maisons comme des récoltants-manipulants.
On prévoit le démarrage des vendanges entre le 13 et 17 septembre. Comme à l'accoutumée, des dérogations pourraient être accordées sur des parcelles de vieilles vignes.

Sophie CLAEYS-PERGAMENT

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