Publié le mardi 31 janvier 2012 à 12H00 - Vu 166 fois
« Nous sommes très attentifs aux remarques du Comité des biens français », assure Pierre Cheval.
Le dossier champenois avance sûrement.
Félicité par le travail accompli sur le dossier de présentation au Comité de biens français, Pierre Cheval sait bien que la route est encore longue. Le coprésident représentant le vignoble de l'association Paysages en Champagne avec Jean-Berchon (pour les maisons) pour l'inscription de la Champagne au patrimoine mondial de l'Unesco se dit « très attentif aux remarques du Comité des biens français afin d'avancer le mieux possible, pour être sélectionné en fin d'année 2012 ».
Le dossier Champagne n'est pas simple. Il ne s'agit pas d'un seul lieu à l'instar de Saint-Émilion, mais d'une appellation dans son ensemble avec trois lieux comme fer de lance : les coteaux de Damery à Mareuil-sur-Aÿ, la colline Saint-Nicaise à Reims et l'avenue de Champagne à Épernay. D'ailleurs, Pierre Cheval le reconnaît : « Si Hautvillers ou l'avenue de Champagne avait monté le dossier tout seul, peut-être cela serait plus facile. » Ce n'est pas le cas donc il faut s'attacher à démontrer encore et encore les spécificités champenoises. Et ce qui pourrait couler de source lorsqu'on évoque le champagne et son aura internationale ne semble pas séduire les experts. « Aucun paysage viticole ne ressemble à celui de la Champagne », assure Pierre Cheval. Ni le vignoble de la Vallée du Haut Duro au Portugal, ni les vignobles en terrasses de Lavaux en Suisse, tous deux classés à l'Unesco. « En fait, on s'apparente au patrimoine industriel du paysage de la région de Tequila. » Une région de plus de 35 milles hectares, composée de ses paysages d'agaves et de ses anciennes distilleries, inscrite en juillet 2006 comme « patrimoine de l'Humanité ». C'est sûr qu'on est très loin de la magie de la bulle. « Il s'agit de mettre en avant les caractéristiques des lieux choisis ainsi que leur typicité environnementale et historique. »
Ainsi la fameuse déclaration de Valeur universelle exceptionnelle (VUE) qui détermine l'esprit du dossier met en avant le mode de production particulière du champagne, comprenant une deuxième fermentation. Ce qui induit une organisation de l'espace et de l'activité avec le développement des caves (environ 370 crayères et puits sur la colline Saint-Nicaise, 110 km de caves sous l'avenue de Champagne).
Cela peut servir d'exemples représentatifs en termes de patrimoines industriels vinicoles. À cela, il faut ajouter l'urbanisme et l'architecture des maisons de champagne présentant des outils de production mais également de superbes bâtiments de reproduction. Sans oublier le savoir-faire des caves ou coteaux en matière de vitiviniculture qui a pris son plein essor à l'ère industrielle et fait ainsi connaître et reconnaître le champagne à travers le monde.
Ce sont les Climats de Bourgogne qui ont dernièrement été sélectionnés par le Comité des biens français. Une bonne chose selon Pierre Cheval : « Le fait que le Gouvernement montre de l'intérêt pour les paysages viticoles est de bon augure pour demain. »
S.C.-P.
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