Publié le dimanche 14 octobre 2012 à 10H06 - Vu 1697 fois
Renaud Lacombre, directeur de la prison de Laon, a parlé d'une intervention efficace, sans violence.
LAON (Aisne). Une vingtaine de détenus, munis d'armes artisanales, a semé le trouble, hier, à la prison de Laon. Les ERIS de Lille ont été contraints d'intervenir.
Une scène digne du cinéma s'est déroulée, hier, au centre pénitentiaire de Laon. À l'ouverture des cellules, vers 8 heures du matin, une vingtaine de détenus s'est rassemblée avec des armes artisanales, au niveau d'une des ailes du centre de détention.
Il s'agissait de manches à balai, notamment, sur lesquels parfois avaient été ajoutés des clous ou des lames de rasoir. Il y avait encore des pieds de tables métalliques ou des « couteaux de cuisine ».
Ce groupe armé était décidé à en découdre avec deux autres détenus. Les victimes ont pu se réfugier dans une cellule, sans être trop sérieusement blessées.
Les surveillants ont pris la décision d'isoler l'aile concernée. « Nous n'étions pas visés, semble-t-il, par cette flambée de violence, mais si nous étions intervenus, ils s'en seraient sans doute pris à nous et cela aurait pu alors tourner à l'émeute », explique deux surveillants du syndicat FO de la prison. Ces derniers assurent qu'ils étaient deux pour 90 détenus dans cette partie de l'établissement au moment des faits. Une unité où les cellules restent ouvertes durant la journée.
Le directeur, Renaud Lacombre, a été alerté ainsi que l'administration interrégionale. « Celle-ci a décidé de l'intervention des ERIS (Équipe régionale d'intervention et de sécurité). Ses membres sont spécialisés pour ce type de mission. Ils sont dissuasifs et efficaces », a indiqué le directeur, précisant encore que le ratio surveillants/détenus était dans la norme, de même qu'il est de règle en centre de détention d'avoir des cellules ouvertes.
Dix-sept personnes des ERIS - des hommes aux allures de GIGN - sont entrées en action en fin de matinée, alors qu'Alain Jego, directeur interrégional, s'est également rendu sur place. « L'intervention des ERIS s'est faite sans aucune violence. Les détenus ont pris le parti de regagner leur cellule. Vers 12 h 30, 13 heures, la situation était redevenue normale », a encore indiqué Renaud Lacombre.
Les cellules ont été fouillées. « Une cinquantaine de manches à balai ont, notamment, été retrouvés jetés par les fenêtres », assurent les surveillants du syndicat FO.
Dans la foulée, cinq détenus, meneurs présumés de cette action sans doute préparée à l'avance, ont été transférés dans d'autres établissements.
« Du reste, dès 7 heures, tous les détenus de l'aile étaient levés, c'est un signe », poursuivent les syndicats.
Ces derniers pointent de nombreux et récents transferts disciplinaires au centre de détention de Laon et un manque de moyens. « Nous avions alerté la hiérarchie sur une certaine tension. » L'arrivée de nouveaux détenus entraîne parfois une lutte entre prisonniers pour le pouvoir, les petits trafics.
« Ces détenus sont de plus en plus jeunes et sauvages, sans éducation. Ils ne nous respectent pas », poursuivent les syndicats qui estiment que la hiérarchie devrait également plus les écouter pour que les choses s'améliorent. « En terme l'organisation, il y a sans doute des choses à mettre en place. »
La question des parachutages répétés, par-dessus le mur d'enceinte, est encore évoquée, les syndicats dénonçant une « prison passoire ».
Renaud Lacombre parle de glacis (zone entre la prison et du grillage) qui sont mis en place dans certaines prisons contre ces parachutages, sans que ce soit toujours efficace.
« Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui (samedi) le personnel n'était pas visé. Et nous n'avions pas au préalable de plaintes précises de la part de détenus sur le fonctionnement au quotidien », a ajouté le directeur.
Yann LE BLÉVEC - yleblevec@journal-lunion.fr
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Les dernières contributions
jeco
15/10/2012 à 05h47
Ils auront le soutien des prisons du coeur!!!
will123
15/10/2012 à 02h28
les détenus devrais plus êtres encadrés et écouter en prison, ça lai rendrais moins violent, et pourrais mieux se réinsérais a leurs sortie.
TRINIDAD
CHAMPAGNE
14/10/2012 à 18h06
une cinquantaine de manches à balai il doit y avoir un centre de formation dans cette prison d'ou l'expression ils font chauffer les manches !
lafrite
14/10/2012 à 15h52
Opération coups de balais ; tout doit disparaitre !
Commentaires anonymes
14/10/2012 à 15h04
il faudra certainement donner à cette prison un serieux coup de balai, mais sans manche désormais !
citoyen-laonnois
laon
14/10/2012 à 11h57
Qui n'a aucun rapport avec les élections de l’artisanat et le commerce de proximité ! c 'est plus calme ...
Bon courage aux personnels......