Publié le mardi 07 août 2012 à 10H39 - Vu 371 fois
REIMS (Marne). Le sculpteur Léandro Berra retape Notre-Dame depuis près de trente ans. Il œuvre en Restauration de deux contreforts de la cathédrale de Reims ce moment sur deux des contreforts Nord du chevet de la cathédrale. Ce chantier devrait s'achever en fin d'année.
SON atelier est au pied de la cathédrale. Mais il œuvre à terre comme en l'air. Tout dépend du morceau qu'il attaque.
Léandro Berra sculpte dans la pierre de Courville des chapiteaux, gargouilles, des saints et toutes sortes de personnages abîmés par le temps. Il panse au plâtre les blessures, fabrique un moulage de la sculpture, puis en taille une copie dans la pierre. À moins qu'il ne passe directement à la taille lorsque l'entreprise Léon-Noël s'est chargée de la moulure et du parement.
Des sculptures d'une « incroyable beauté »
Or Léondro connaît bien Notre-Dame. Cela fait près de trente ans qu'il la côtoie de très près et la drape dans de fraîches dentelles de pierre. En ce moment, et depuis deux ans, il se consacre exclusivement aux deux contreforts nord du chevet de la cathédrale, les 2e et 3e.
« Je me charge des finitions et de la décoration. Je suis en train de restaurer des chapiteaux, par exemple. Ces éléments de forme évasée qui couronnent une colonne (et pesant près de 80 kg, NDLR). J'en ai une douzaine à faire. »
Et lorsqu'il ne taille pas d'en bas, il sculpte d'en haut. Ainsi s'est-il attaqué l'année dernière aux crochets d'archivolte, à une tête de lion et à une série de chapiteaux situés à plus de vingt-cinq mètres au-dessus de nos têtes.
« Les sculptures de Reims sont d'une beauté et d'une qualité incroyable, lâche-t-il. C'est un véritable plaisir de travailler comme ça. » C'est une vraie gageure aussi. « Le plus grand défi, c'est d'oublier ce qu'on sait faire pour essayer de faire ce que l'autre a fait et d'être au plus près de l'original. »
Les pieds du Christ dans les nuages
Mais un voyage passionnant également, réservant parfois de belles surprises. Comme la fois où Léandro Berra découvrit ce nuage duquel dépassaient les pieds du Christ, sur le portail nord de la cathédrale. Une rencontre aussi déconcertante qu'amusante et réservée aux bâtisseurs et restaurateurs de la cathédrale. « Les meilleurs, raconte d'ailleurs le sculpteur, on les attirait en leur disant qu'ils ne paieraient pas d'impôts. »
S'il n'a point hérité de ce privilège, il savoure néanmoins celui de pratiquer son art sur l'un des édifices les plus majestueux de France. Il travaille une pierre au grain fin, réalisant avec précision des structures décoratives et redonnant du relief à des personnages et des bestioles monstrueuses. Redonnant peu à peu, et au fil des ans, sa jeunesse d'antan à notre vieille dame. Un travail de fourmi aussi colossal que l'imposante construction. Et un chantier qui devrait s'achever en septembre ou octobre.
Lélia BALAIRE
Photos Aurélien LAUDY
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Kitkat08
07/08/2012 à 13h47
Je vous admire pour cette œuvre.