Publié le mardi 25 septembre 2012 à 09H38 - Vu 815 fois
Gilles Baillat : « On a les responsabilités et les raisonnements d'une entreprise. »
Nouveau campus : le président Gilles Baillat veut « refonder l'université ». Interview.
En poste depuis juin, le nouveau président de l'université de Reims Champagne-Ardenne, Gilles Baillat, voit sa fonction comme celle d'un chef d'entreprise, responsable de ses comptes, qui doit mener des projets d'investissement à commencer par celui du grand campus.
Comment se porte l'Urca en cette rentrée universitaire ?
« Elle ne se porte pas mal compte tenu d'un contexte national très inquiétant pour beaucoup d'universités : 50 % d'entre elles sont en difficulté financière et 15 % sont en très grande difficulté. Elles sont en déficit et n'ont plus de fonds de réserve. Notre situation est saine et nous continuons en 2012 à produire des résultats. C'est d'autant plus original que, comme les autres universités, nous avons dû subir un gel d'une partie de la subvention de l'Etat et le non-versement du glissement vieillesse-technicité, qui est la partie des salaires correspondant à l'ancienneté.»
Comment y êtes-vous parvenus ?
« Le public n'en a pas beaucoup conscience mais les universités sont aujourd'hui autonomes. Elles sont responsables de la totalité de leurs dépenses y compris celles de personnel. Le passage à l'autonomie n'a pas été géré partout de la même manière. Dans certaines universités, la gestion a été imprudente en raison d'inexpérience ou d'absence de cadres hautement qualifiés. Dans d'autres, mieux armées sur le plan technique et financier, la situation a été plus sereine. Troisième cas de figure et sans doute le nôtre, il y a eu un principe de précaution sur toutes les dépenses. […] Aujourd'hui, on a, de fait, les responsabilités et les raisonnements d'une entreprise. »
Où en est le projet de grand campus ?
« Contrairement à ce qui est parfois indiqué, ce n'est pas l'unification de tous les campus rémois puisque le pôle santé est destiné à rester avec le CHU où ira aussi la fac dentaire. Ce sont les cinq autres composantes, c'est-à-dire, l'IUT, l'UFR Sciences, l'UFR Staps, l'Esi Reims et l'IUFM, qui se déplaceront vers Croix-Rouge. À l'occasion de tous ces transferts, il faut refonder l'université de Reims sur un campus d'un type nouveau et peut-être unique en France.
Nous voulons impulser considérablement dans ce campus tout l'environnement des études universitaires, à commencer par la vie étudiante. Nous allons créer une grande maison de la vie étudiante qui rassemblera les services de l'université et les associations. J'aimerais aussi créer un petit centre de conférences qui accueillerait des événements de l'université et qui pourrait être loué à des entreprises. Par ailleurs, nous souhaitons que l'université prenne des initiatives en matière de restauration et de logement étudiant. Non seulement, nous souhaitons que ce soit un campus dans la ville, mais aussi que la ville soit dans le campus, cela en faisant venir de l'épicerie sociale, des services bancaires et postaux, etc.
Au niveau énergétique et environnemental, nous voudrions que ce soit un campus non pas de 2020 mais de 2040. »
Combien coûtera le grand campus et qui financera ?
« J'estime entre 200 et 250 millions d'euros le financement à réunir dans un contexte où j'annonce la perspective pour 2020, où l'Etat soutient le projet, comme la ville et la région. Le financement sera donc au moins quadripartite en prenant en compte l'apport de l'université. »
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Les dernières contributions
lucreims
reims
26/09/2012 à 10h34
C'est ce que voulait l'ancien gouvernement, la gestion à l'américaine comme les hôpitaux et autres
Danton Q
25/09/2012 à 19h10 | 1
1) "Aujourd'hui, on a les responsabilités et les raisonnements d'une entreprise"
2) "J'estime entre 200 et 250 millions d'euros le financement à réunir"
Alors c'est clairement une entreprise qui vit sur une autre planète.