Publié le mardi 27 juillet 2010 à 10H14 - Vu 1560 fois
Les sapeurs-pompiers n'étaient jamais intervenus au domicile du nouveau né avant jeudi après-midi.
VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Une jeune Vitryate de 19 ans a été mise en examen dimanche soir pour avoir porté des violences physiques sur son bébé de deux mois et demi. Elle reste aujourd'hui en prison tandis que son fils se trouve entre la vie et la mort au CHU de Reims.
DES ecchymoses sur tout le corps, de nombreuses plaies mais aussi plusieurs petites fractures. Un cas de maltraitance atroce vient d'être découvert à Vitry-le-François. La victime : un nourrisson de dix semaines ayant subi de considérables violences, au point que le nouveau né se trouve aujourd'hui entre la vie et la mort au centre hospitalier de Reims. L'auteur présumé des faits : sa mère.
Secourue jeudi en fin de journée par les sapeurs-pompiers de la cité rose, la petite victime gisait inanimée dans son landau, chez sa mère restant dans un appartement du quartier du Hamois. C'est elle qui a appelé les secours remarquant que son enfant ne réagissait plus.
Une intervention effroyable pour les sapeurs-pompiers de Vitry-le-François surtout lorsqu'il a fallu ôter le petit vêtement de la victime pour tenter de le soigner : quand les secours l'auscultent, son corps est recouvert d'ecchymoses et de plaies, présentant en outre des fractures. Il est dans un état tel que transporter le nourrisson aux urgences s'avère même une mission délicate.
Une fois le nouveau né aux urgences, il n'a pas fallu très longtemps pour que les médecins de l'hôpital préviennent les gendarmes pour cas de maltraitance.
Le lendemain, aux aurores, la mère, âgée de 19 ans, comme le père, âgé quant à lui d'une trentaine d'années, sont placés en garde à vue. Auditionnés par les gendarmes des brigades territoriales et de recherches de Vitry-le-François, ni l'un ni l'autre ne reconnaissent les faits de violence.
Les parents en garde à vue
Si rien ne filtre du côté des enquêteurs, la jeune femme aurait néanmoins avoué s'être quelques fois énervée quand son petit pleurait. Un bébé, qui selon elle, pleurait beaucoup, beaucoup trop. Cette jeune mère considérée par ailleurs comme immature présentait parfois des difficultés à s'occuper de l'enfant. Des éléments que les enquêteurs n'ont cependant pas confirmés.
Alors que ses parents se trouvaient en garde à vue, la petite victime a été transportée par hélicoptère au centre hospitalier de Reims où son pronostic vital est aujourd'hui toujours engagé. Les médecins semblent très sceptiques quant à ses chances de survie. Ils précisent même que si le nourrisson revenait à la vie, ce serait avec d'importantes séquelles. C'est dire l'importance des violences subies qui, de toute évidence, ne se limitent pas au syndrome du bébé secoué. À l'issue de son audition, le couple, séparé depuis la naissance mais qui continue de se voir pour l'enfant, a été présenté devant le parquet de Reims. Ce dernier a repris l'affaire à la décharge du parquet de Châlons-en-Champagne, l'enquête étant devenue criminelle durant le week-end.
Après sa présentation devant le juge d'instruction, la jeune mère de famille a été écrouée à la prison de Reims où elle est toujours détenue. Elle est, en outre, mise en examen pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sur un mineur de moins de 15 ans.
Moins impliqué, voire nullement, le père, lui, a été laissé libre sous contrôle judiciaire.
L'enquête, qui se déroule sur commission rogatoire depuis dimanche, n'est cependant qu'à ses débuts. Encore beaucoup de témoins doivent être entendus. Et il faut encore déterminer les faits de violence et leur fréquence et savoir quand ces derniers ont été commis. Car, à l'arrivée des secours, les violences ne venaient pas de se produire. Ce sont en tout cas ce que les premiers éléments de l'enquête révèlent. Une information judiciaire a, par ailleurs, été ouverte pour mieux identifier les circonstances de ce drame.
Anne-Sophie COURSIER
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