Publié le samedi 21 juillet 2012 à 10H33 - Vu 1360 fois
La Ville va être obligée d'employer la force pour faire évacuer le squat culturel situé à côté du Moonlight. C'est moche.
BIEN embarrassée la Ville. Comment faire évacuer la maison squattée rue de la Cerisaie sans passer pour des élus réac' qui envoient les CRS mettre une bande de cultureux pacifiques à la rue ?
S'il s'agissait de voyous qui font trop de bruit, fument de la drogue et vivent entouré de molosses, ce serait moins compliqué. Seulement voilà, les jeunes et un peu moins jeunes qui ont installé le siège de leur collectif depuis 8 mois dans une maison à l'abandon rue de la Cerisaie ne sont pas des perturbateurs. Ils sont même plutôt intéressants. Étudiants, artistes amateurs, jeunes salariés, intérimaires, ils sont une douzaine de réguliers à avoir transformé l'adresse en un lieu culturel vivant.
La maison qui revit grâce à eux a été baptisée l'Écluse. Certains y habitent carrément parce que pas assez riche pour payer un loyer, d'autres ne font que la fréquenter, tous la font vivre. Grâce à eux, plusieurs troupes de musicos ou de théâtre, ont enfin trouvé un lieu pour répéter. La cave naturellement insonorisée de la maison s'est transformée en studio idéal.
De temps en temps, un petit concert est improvisé et vient qui veut. Dans la journée, un atelier de réparation de vélo et d'ordinateur occupe utilement une partie des squatteurs. L'ambiance est bon enfant.
« On ne trouve pas de solution »
Tout cela est très sympa mais la maison est occupée illégalement. Elle appartient à Reims métropole et surtout n'est pas aux normes pour accueillir du public. S'il y a un incendie et des victimes, Adeline Hazan se retrouvera à la barre du tribunal. « On ne peut absolument pas leur permettre de rester dans cette maison. » Hier matin, Serge Pugeault, adjoint à la Culture, et Thierry Wippler, adjoint aux cultures émergentes, ont tenu une conférence de presse. L'objectif étant d'expliquer aux journalistes pourquoi, la mort dans l'âme, ils vont être obligés d'envoyer la police à partir du 22 août prochain. « On a tout essayé pour trouver une solution. Il y a quatre mois qu'on dialogue avec eux mais sans trouver d'issue. » La solution serait simple : il faudrait que la Ville fasse les travaux de mise aux normes dans la maison et laisse le collectif mener sa vie culturelle. « Les travaux coûteraient environ 500 000 euros. Nous ne pou vons pas nous le permettre. Nous n'avons pas affaire à des gens qui nous proposent d'acheter ou de louer la maison et de faire les travaux. Ces personnes ont une vision un peu libertaire des choses. Ils ne souhaitent même pas se constituer en association. On leur a proposé de continuer à occuper le jardin qu'ils ont cultivé et de laisser la maison, ils ont refusé. » Bref, selon les élus, le collectif de l'Ecluse voudrait continuer à mener son aventure culturelle et que la collectivité ferme les yeux. « On ne peut pas fermer les yeux. Nous sommes responsables. »
Catherine FREY
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Les dernières contributions
jeana
25/07/2012 à 08h46
L'article est pourtant clair ! La maison appartient à Reims Métropole PAS A LA VILLE pourquoi des élus de la ville s'intéressent à cette maison ? surtout si c'est pour proposer une rénovation qui coûterait le prix d'une construction !?
Madame la Maire sera convoqué au tribunal en tant que présidente de Reims métropole pas en tant que Maire.
Le vrai problème au delà de l'aspect du risque et de la légalité d'occuper une maison pour faire une vivre une jeunesse, un quartier, c'est qu'à Reims comme dans beaucoup de municipalité, la ville veut cultiver elle-même sa vision de l'art, de la culture, et du social, elle veut contrôler les initiatives de la sorte, pour le plaisir de la rose qui pousse devant son maison, jamais au fond de son jardin, à côté de l'usine...
Heathcliff
23/07/2012 à 12h04
il doit y avoir un moyen de faire un café associatif, les exemples existent dans le Limousin (la belle Lurette de Saint-Léonard de Noblat)
Marre_des_pubs
23/07/2012 à 08h17
Dommage ...
bandits51
Reims
22/07/2012 à 15h36
Moi je suis gentil, respectueux, poli, alors je vais devenir squatteur et vivre en marge de la légalité. Je vais arrêté de payer mon loyer, faire de la musique et des petits boulots pour mes voisins. Comme cela, le jour où l'on viendra me dire mes droits, je crierai au scandale car je suis gentil...
proutyfart
22/07/2012 à 02h06
"Les travaux coûteraient environ 500 000 euros. Nous ne pouvons pas nous le permettre."
Bien évidement la mairie ne peux pas se permettre de telles dépenses tant elle est absorbée par des frivolités sans interets: La couleur de tram la plus onéreuse n'était-elle pas ce rose à faire mal aux yeux d'un aveugle? La location d'une araignée mécanique etait-elle réellement nécessaire pour fêter l'anniversaire de Notre Dame? Sans parler du gouffre budgétaire lié aux flanneries musicales qui, avouons-le, ont perdues en interet et en qualité depuis ces six dernières années. Et encore la shopping-list materialiste de Mme Hazan est interminable.
Reims: ville multiculturel? Adeline Hazan: maire socialiste? apparement il semblerais que tout cela ne soit que du pipot! Malgré tout ce que dira la mairie au sujet de ce centre social autogéré et de leurs négociations avec, Je reste convaincu qu'il s'agit juste de mauvaise foi de la part de la mairie. Et que l'Ecluse n'est ni plus ni moins victime de la vénalité de la ville et, surtout, d'un revoltant délit de sale gueule.
sluice
22/07/2012 à 01h26
Leuques: "Ces squatteurs n’ont pas conscience d’être dans l’illégalité!!"
--> Bien au contraire "ces squatteurs" ont bien conscience de l'être justement dans l'illégalité !
On ne parle pas d'une bande d'enfants incapables de faire la différence entre le bien et le mal, le légal ou l'illégal. On palre d'un groupe de personnes motivé par le même but: voir enfin naître à Reims un lieu d'échange, de partage, de vie, de création et d'expression libre.
Passez donc y faire un tour...?!
marie lyne
Nos guerriers vont rester en Ligue1. Merci à eux
22/07/2012 à 00h29 | 1
J'habite dans le quartier et j'ai eu l'occasion de passer à l'Ecluse. Effectivement, les occupants sont très sympas, très respectueux et ils ont le mérite de faire revivre cette maison abandonnée ( et que va en faire la Ville??) et la rue de la Cerisaie un peu tristounette.. 500 000 euros bigre!! même en se cotisant, difficile de faire les travaux.. en tout cas je suis à fond avec eux et j'espère que Madame Hazan (et sa légion d'honneur) ne va pas employer la force.. ce serait très très moche ..
HAWK51
je veille
21/07/2012 à 17h46 | 1
Puisque la ville de Reims se sent coupable de les laisser "squatter", dès lors que c'est, sa propriété, elle n'a qu'à leur faire don de cette vieille bâtisse pour se déresponsabiliser, et comme ça le tour est joué, adviendra après ce qu'il adviendra, mais cette fois-ci, sous la propre responsabilité de ces intéressés..
leuques
La liberté ne peut être que toute la liberté ; un morceau de liberté n'est pas la liberté
21/07/2012 à 17h04 | 1
Le sentiment d'injustice autorise-t-il le recours à l'illégalité ? Ces squatteurs n’ont pas conscience d’être dans l’illégalité!!
Les communes sont garantes de l’état de droit et de l’égalité des citoyens face à la loi, et la responsabilité du maire est toujours engagée (tous partis politiques confondus). Certains approuvent l'illégalité, mais chez les autres!!
CRI
21/07/2012 à 14h22 | 1
Si des amis s'invitent à la maison, mon domicile doit garantir de pouvoir recevoir du public? Mes amis ne me paient pas pour venir chez moi ? 500.000€, c'est le coût de remise aux normes d'un relais château ? Les projets modestes existent, il faudrait seulement éviter d'en faire toujours trop ? Les occupants sont là, parce que cette maison était abandonnée, comme beaucoup d'autres à Reims. Ils sont plus respectueux que des locataires qui vivent dans certains quartiers, où les voitures prennent feu !!! Une maison occupée est plus facilement préservée, qu'une maison laissée à l'abandon. Quand on veut, on peut trouver une solution.
ours51
21/07/2012 à 13h02
oui mais d'autres vont suivre si on les laissent rester a qui appartient cette maison la ville ne peux mettre 500 000 € la dedans la je ne connais pas la solution
Voltaire51
21/07/2012 à 11h53
* et qui mériteraient
Voltaire51
21/07/2012 à 11h48
Excellente initiative de l'Union d'avoir consacré un article à ce squat qui m'a l'air bien tenu par ses occupants et qui mériterait qu'un riche mécène rémois vienne à leur secours pour leur éviter l'expulsion. En tout cas, l'appel est lancé. Espérons que, via votre journal, il reçoive un écho favorable.