Publié le dimanche 15 août 2010 à 10H00 - Vu 305 fois
Sébastien Mahut avait d'abord transformé son vélo en deux-roues électrique avant de s'attaquer à sa moto. 280 accumulateurs lithium, comme ceux qu'il tient en main, remplacent le réservoir d'essence.
IMPOSSIBLE de se douter, au premier coup d'œil, que la moto est branchée sur 50,4 volts d'accumulateurs lithium. Sauf pour son concepteur, Sébastien Mahut, étudiant de 22 ans en électronique résidant à Crouy, près de Soissons dans l'Aisne. « Il me faut trois heures pour la recharger, précise-t-il, pour une autonomie de 60 kilomètres à 90 km/h maximum. »
Le jeune homme n'est pas peu fier de présenter son engin italien, « une Apilia Futura de 1990 que j'ai entièrement démontée avant de la remettre en état de marche ».
Six mois de mécanique
Lorsqu'il l'achète, d'occasion, en 2008, la moto ne fonctionne plus. Elle est restée stockée cinq ans dans une cave, les pièces sont cassées ou rouillées. Mais peu importe, Sébastien Mahut n'a pas l'intention de tout récupérer : il souhaite faire carburer l'engin à l'électricité. Il en est convaincu : « Le véhicule électrique, c'est l'avenir. J'avais envie de montrer qu'avec mes petits moyens, malgré tout ce qu'on nous dit, fabriquer des véhicules électriques est possible. C'était un challenge. »
Le bricoleur, qui depuis l'âge de 12 ans fabrique des voitures et des avions électriques et vient d'achever un vélo électrique, s'attaque donc à plus gros. « Au début, je me suis demandé si j'allais y arriver », confie-t-il tout de même. Mais manuel du constructeur en mains, et après six mois de mécanique le soir, les week-ends et pendant ses vacances, il arrive enfin au bout de ses peines.
« Powered by Seb »
La moto revisitée et lustrée est comme neuve.
Il aura d'abord essayé de la faire fonctionner avec quatre batteries de voitures récupérées dans une casse. « Mais je n'avais qu'une autonomie de 5 km et elles finissaient par se mettre hors circuit. » En surfant sur Internet, lui vient alors l'idée d'utiliser des accumulateurs lithium « recyclable et donc écologique, pas comme le plomb ».
Sébastien Mahut se fait alors sponsoriser par une marque de perceuses sans fil. Il récupère les batteries en panne et les démonte pour tester chacun des accumulateurs. « J'en ai récupéré 280 que j'ai fixés sur la moto à la place du réservoir d'essence. » Pour le moteur, il se servira de celui d'une voiturette de golf qu'il aura commandé par Internet et reçu des États-Unis.
Résultat : sa moto carbure bien à l'électricité. L'engin émet tout juste le bruit d'une voiture téléguidée. Sébastien Mahut a aussi installé une jauge de batterie électrique à la place du compte-tours. Un écran digital sur lequel il peut vérifier sa consommation de courant. Il s'est même permis le luxe d'afficher la température extérieure et « Powered by Seb » quand il met le contact.
Seulement, le motard écolo ne peut pas encore rouler avec et ne fait que l'exposer. Comme lors du festival de Vierzon le 28 mai dernier, où il a remporté le prix du développement durable et de l'innovation. Pour la conduire sur route, il lui faudra l'homologuer.
Lélia BALAIRE
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