Publié le lundi 20 juin 2011 à 08H35 - Vu 368 fois
Elena Baujot, assistante commerciale, et Augustin de Chamisso, ingénieur technico-commercial, viennent d'être recrutés. Ils ont répondu à l'annonce parce que le poste est basé à… Reims.
VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Installé depuis 1982 dans le village d'Heiltz-le-Maurupt, Jean-Pierre Lanceau, fondateur de Serena, a dû délocaliser une partie de sa société à Reims. Il ne trouvait aucun cadre de haut niveau.
« J'AI résisté autant que je pouvais. Mais je ne peux plus lutter contre le sens du vent… » A 63 ans, Jean-Pierre Lanceau, chef d'entreprise s'est résigné à quitter Heiltz-le-Maurupt, village de 391 habitants traversée par l'Ornain, la Chée et la Vière où sa société Serena était installée depuis trente ans. Le 1er avril dernier, il a délocalisé une partie de son entreprise à… Reims, dans le pôle technologique Farman. Il y loue des locaux d'une superficie totale de 120 m2.
Cette décision, Jean-Pierre Lanceau ne l'a pas prise de gaieté de cœur. D'autant plus que ce chef d'entreprise est né à Brusson et vit à Heiltz-le-Maurupt depuis… 1951. « Ça m'énerve de le dire mais c'est la prime aux grandes villes ! » En trois ans, le chiffre d'affaires de son entreprise spécialisée dans les logiciels de gestion d'entreprise a pourtant doublé pour s'élever à 1 200 000 euros en 2010. Et le nombre de clients atteint aujourd'hui les 200. Essentiellement en France (80 %), et depuis un an et demi, en Europe et en Afrique (20 %).
« Reims, un mini-Paris »
Malgré le dynamisme de la société et une bonne santé économique, Jean-Pierre Lanceau n'arrivait pas à étoffer sa force de vente dans ce village situé non loin de Pargny-sur-Saulx. « Lorsque je fais passer une offre d'emploi pour un poste d'assistante commerciale à pourvoir à Heiltz-le-Maurupt, j'obtiens une ou deux réponses. Lorsque j'indique Reims, j'en ai entre 30 et 40 ! » constate-t-il.
S'il voulait continuer à développer son entreprise, il n'avait donc pas d'autre choix que de quitter la campagne. « Nous sommes une entreprise de haut niveau. Nous recherchons des cadres. Et les cadres veulent vivre dans une grande ville ! »
Depuis deux mois et demi qu'il est installé à Reims, ce chef d'entreprise a déjà recruté une assistante commerciale et un ingénieur technico-commercial. Elena Baujot habite la cité des sacres. À 27 ans, elle n'a pas encore le permis de conduire. Qu'importe. « Je prends les transports en commun pour venir au travail. C'est très bien desservi ! » lance-t-elle la mine ravie. Cette jeune célibataire aime sortir, faire du shopping, pratiquer plein d'activités… « A Reims, j'ai tout à proximité. Pour moi, c'est un mini-Paris ! Et puis, c'est plus prestigieux que Vitry-le-François ».
« Plus pratique pour les affaires »
Augustin de Chamisso, 31 ans, père de deux enfants, ne voulait pas non plus quitter Reims. « Heiltz-le-Maurupt est situé trop loin. Ma femme n'aurait pas retrouvé un emploi à Vitry-le-François, explique-t-il. Étant donné le coût du carburant et le prix des loyers, ça n'aurait pas été rentable de faire les trajets tous les jours ». Cet ingénieur technico-commercial met également en avant la mauvaise image de la cité rose. « Ce n'est pas une ville recommandable pour les enfants. On n'entend pas toujours parler de Vitry-le-François en bien », avoue-t-il en citant notamment les émeutes de 2008.
C'est donc de Reims que Jean-Pierre Lanceau compte développer sa stratégie commerciale sur le Grand Est. « Nos clients sont désormais accessibles en une matinée ». Il vante le « point central » de Reims et ses axes de communication : la gare TGV de Bezannes, les autoroutes A 4 et A 34, la proximité avec les aéroports Charles-de-Gaulle et Orly. « Comme on se déplace beaucoup, c'est plus pratique pour les affaires », indique ce chef d'entreprise qui dépense entre 15 000 et 20 000 euros en billets d'avion par an.
À Reims, Jean-Pierre Lanceau pourra enfin accueillir des stagiaires, sa société se trouvant à 500 mètres de l'IUT Informatique. Il espère également trouver un repreneur pour son entreprise qui emploie quatorze salariés. « L'an dernier, j'avais trouvé une personne intéressée. Mais son épouse a refusé catégoriquement de s'installer dans une petite ville ». À 45 minutes en TGV de Paris, la liste des prétendants devrait s'allonger…
Stéphanie GRUSS
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