Publié le vendredi 13 janvier 2012 à 08H01 - Vu 699 fois
(Marne). Les cœurs sensibles vont s'émouvoir. Mais la SNCF comme la Sanef mettent en avant la sécurité des utilisateurs de leur réseau pour expliquer leur chasse aux lapins. Sans oublier les plaintes des riverains, notamment agriculteurs…
FORCÉMENT, les véhicules et convois qui y circulent à vitesse élevée ne leur rendent pas la vie facile. Néanmoins, les clôtures repoussent les prédateurs naturels ou humains de ces lieux. Alors, autant dire que pour un lapin de la Marne, la vie rêvée se niche dans l'emprise foncière de la ligne à grande vitesse Est ou au bord des autoroutes A4 et A26, les axes de communication majeurs qui traversent notre département. Aussi, leur présence y est si dense que la Sanef comme la SNCF se voient dans l'obligation de faire appel à des fureteurs pour tenter de réduire cette population. L'an passé, sur la zone d'intervention du centre Sanef de Reims, 700 lapins ont ainsi été éliminés par ces chasseurs conventionnés.
Ces opérations répondent en premier lieu à des soucis de sécurité. « Les lapins creusent des terriers dans des ouvrages, les déstabilisant, les désolidarisant, ce qui peut causer des dommages et les rapprocher de la voie, engendrant alors des difficultés de circulation », justifie Quentin Vilbert, dirigeant d'Unité Voie LGV Est à la SNCF, gérant les 200 premiers kilomètres de la ligne, de Vaires-sur-Marne à Meuse TGV.
Protéger les récoltes
Le souci s'avère identique pour la Sanef. « À certains endroits, ils sont si nombreux qu'ils minent le sol sous la chaussée, le transformant en gruyère… », image Frédéric Geysels, chef d'équipe au centre Sanef de Tinqueux.
La sécurité des usagers demeure un enjeu majeur. Si un lapin fuyant ne s'avère pas vraiment un problème pour un TGV lancé à 320 km/h, un automobiliste qui en voit surgir un devant ses roues a tendance à donner un coup de volant pour l'éviter. À 130 km/h, cela n'est pas sans risque…
Enfin, l'autre justification de ces actions visant à juguler la population de lapins tient dans le maintien de relations de bon voisinage. Les autoroutes, comme les lignes de chemin de fer, sont le plus souvent bordées par des champs, parfois envahis par des hordes de lapins venus de l'emprise foncière mitoyenne et qui mettent en péril les récoltes. Bien justement, les agriculteurs effectuent alors des démarches auprès de leur assurance, cette dernière se retournant vers la Sanef ou la SNCF. « Dans la plupart des cas, répondre à une telle procédure nous engage cinq fois plus de frais que le dédommagement sollicité par l'agriculteur », souligne Quentin Vilbert. On comprend, dès lors, la volonté de traiter la problématique en amont.
Généralement, ce sont des chasseurs au furet, bénéficiant d'un agrément de piégeur, qui sont mis à contribution par les gestionnaires des autoroutes et des voies ferrées.
Un combat renouvelé chaque année pour maintenir une population de lapins compatible avec les activités humaines.
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