« Sarko, dégage ! » : la manif CGT fait un carton

« Sarko, dégage ! » : la manif CGT fait un carton

Publié le vendredi 16 mars 2012 à 12H00 - Vu 1343 fois

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Hier matin, la CGT appelait à manifester contre la venue du « Président, candidat des riches, homme dangereux qui vient ici fanfaronner ». Un cortège de cent cinquante personnes a ensuite déposé des cartons devant l'UMP. « Que la droite fasse les siens. Qu'ils dégagent tous ! »

«NOUS nous rassemblons avant de nous rendre au siège de l'UMP où nous déposerons des cartons avec des messages invitant Sarkozy, Apparu et Bourg-Broc à… déménager ». L'art de la formule signée Jérémy Toussaint.
Dans la précipitation, la CGT tenait tout de même à organiser un événementiel en marge de la visite du Président candidat, mission réussie hier matin où 150 personnes parties de la Maison des syndicats ont défilé dans les rues du centre-ville en scandant « Sarkozy, dehors ! », « Sarkozy, dégage ! » ou encore le célèbre « Casse toi, pauv'con ! ».
Munis de cartons pour nombre d'entre eux, les manifestants ont alors fait part de leur dégoût pour un « Sarkozy dangereux pour les travailleurs, les demandeurs d'emploi ou les simples retraités », avant de construire un mur devant la permanence UMP qui venait d'être fermée par deux collaborateurs, fuyant à l'arrivée du cortège. Là, des messages tout aussi symboliques les uns que les autres à l'encontre des élus de droite étaient juxtaposés devant une vitrine UMP revue et corrigée en ce grand jour.
 

« La droite ? Expulsons-la ! »

Et Ludovic Têtevuide, figure de la CGT châlonnaise, de prendre la parole. « Il est rare que nous appelions à manifester contre la venue d'un candidat à une élection sauf quand il s'agit du FN, mais une fois n'est pas coutume ». Toujours selon M. Têtevuide : « Le quinquennat Sarkozy a vu disparaître 500 000 emplois industriels, il est le principal responsable de ce lamentable bilan, il a multiplié par deux le nombre de chômeurs, fait exploser la précarisation alors que dans le même temps les fortunes de ses amis explosent, les coffres-forts regorgent de liquidités, les actionnaires se goinfrent. Le 22 avril, l'état des lieux sera réalisé et le 6 mai, l'expulsion prononcée contre Sarko. Apparu ne passera pas par la case état des lieux, son expulsion est directe ». Devant des rangs remontés et une organisation syndicale qui se sent « insultée par une droite méprisante », les cartons de l'expulsion ont donc été posés.

Peur de la CGT ?

Bien en amont, un point presse se tenait à la Maison des syndicats avec Sabine Duménil et Jean-Pierre Langlet, respectivement n° 1 de la CGT en Champagne-Ardenne et dans la Marne. Les deux responsables ont fustigé le bilan désastreux du candidat (baisse du pouvoir d'achat, chômage en explosion, dégradation des services publics, augmentation de l'âge de la retraite…). PTPM, VMC, Bosal ; à Châlons Bathoux, Tecver et ainsi de suite, des usines laminées dans les Ardennes, Sodimédical dans l'Aube, des services publics démantelés : un piètre inventaire a été dressé. « Au-delà de l'homme, nous rejetons sa politique globale », insiste Sabine Duménil. Enfin, la venue du candidat à Suippes et Recy, et non Châlons, a titillé les Cégétistes : « Il aurait pu venir à Cabot ou Coubertin. Mais depuis sa dernière visite à Châlons, il a la trouille de nous… »
David ZANGA

L'union l'Ardennais