Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 423 fois
Mercredi après-midi, les caméras d'une chaîne nationale ont débarqué à Reims dans le cadre d'un reportage sur les « marchands de sommeil ».
L'équipe s'intéressait à l'immeuble du 3, rue Goïot, décrit comme « un hôtel » par sa propriétaire alors que les six locataires doivent pourtant s'acquitter d'une taxe d'habitation.
Ils dénoncent également un chauffage insuffisant et des remontées d'eaux usées (avec excréments) dans la douche collective.
En même temps que les journalistes, des agents du service d'hygiène ainsi que des officiers du commissariat de Reims sont venus inspecter les lieux afin de vérifier si les conditions d'hébergement tombent sous le coup de la loi (leurs conclusions ne sont pas encore connues).
Trois grammes dans le sang
Tout ce remue-ménage a fatigué Pascal, un homme malade de 55 ans, locataire d'une chambre et qui s'y plaît.
« Lui ne se plaint pas », indique son avocate, Me Marie-Line Place. « Après dix ans dans la rue, il est bien content d'avoir cette chambre. C'est son petit confort à lui. Il ne souhaitait pas être dérangé et n'a pas compris que les gens qui venaient frapper à sa porte étaient peut-être là pour l'aider. »
« Je pensais que c'était un cameraman », explique Pascal. « Je suis sorti et crac ! j'ai mis un coup de bombe. » Sauf que les deux personnes devant sa porte n'étaient pas des journalistes mais un capitaine et un commandant de police ! Ils ont reçu le gaz en pleine tête (un jour d'incapacité totale de travail).
Le quinquagénaire était complètement saoul avec 2,96 grammes d'alcool par litre de sang.
Déjà condamné à trois reprises pour des conduites en état alcoolique, il a été jugé hier en comparution immédiate pour les violences sur les deux policiers.
Le pauvre bougre, bien plus à plaindre qu'à blâmer, s'est vu signifier trois mois de prison assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve.
Il est reparti libre, clopin-clopant, vers son logement de fortune.
F.C.
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