Publié le mercredi 13 octobre 2010 à 10H11 - Vu 389 fois
Aider l'enfant dans ses devoirs, l'accompagner, le protéger, tout en gardant une distance qui permette au petit de s'épanouir et de profiter du cadre scolaire. Voilà le rôle de l'AVS.
L'enfant d'Ingrid attend l'arrivée d'une assistante de vie scolaire. Problème : la formation ne suit pas et on manque cruellement de personnel.
C'EST la loi. Depuis la IIIe République et la série de lois Jules-Ferry (1881-82), l'école est gratuite, l'enseignement public laïc et l'éducation des enfants obligatoires, sans discrimination.
Pourtant, Ingrid semble avoir bien des soucis pour faire scolariser son fils, autiste de 5 ans, en école primaire : « On aurait voulu qu'il fasse sa rentrée comme tous les autres enfants. Lui qui aime être au contact des autres. Mais, après quatre ans en crèche, on est aujourd'hui contraints de se débrouiller seuls ».
Car, voilà : plongé dans les conditions actuelles d'enseignement (une trentaine de bambins par classe), cet enfant a clairement besoin d'une attention toute particulière que sa maîtresse ne peut pas lui accorder au détriment des autres élèves : « C'est là que le rôle de l'AVS (assistant de vie scolaire) intervient en complément de l'instituteur », explique la mère. « La demande se fait par dépôt de dossier à la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) pour un soutien scolaire de 10 heures par semaine à compter de la rentrée. » Problème : depuis le dépôt de dossier, plus aucune nouvelle.
« Les jours et les semaines ont passé. Je les ai relancés, j'ai appelé, envoyé des mails, mais aucun signe de vie de la MDPH. La maîtresse de sa classe a même envoyé un mail, mais c'est silence radio. »
Pourtant l'enfant était déjà suivi par un référent durant la précédente année scolaire, de novembre 2009 à juillet 2010. Ingrid ne comprend pas ce silence : « Aujourd'hui, on est obligé de se débrouiller par nos propres moyens. Et la rentrée est là. Mon fils ne peut donc pas aller à l'école et c'est dommage, car en dépit des clichés, il aime vraiment être au contact des autres ».
Difficile de trouver des postulants
De l'autre côté, Mme Nonain, directrice de la MDPH de Châlons, s'explique : « Notre travail est d'évaluer les besoins et le handicap pour répondre au mieux aux attentes. Mais c'est au niveau de l'Education nationale que sont formées ces personnes et que revient la tâche d'attribuer des AVS. Or, il y a de moins en moins de postulants. Plus le temps passe, plus il est difficile de trouver des gens qui veulent vraiment faire ce travail ».
La campagne de recrutement se déroulant en septembre, l'Education nationale manque cruellement de personnes pour s'occuper d'enfants handicapés, à mobilité réduite ou autistes.
Résultat, les demandes d'AVS explosent, laissant nombre de parents dans le désarroi : « La journée, mon mari et moi travaillons. Nous avons donc fait appel à Cap Intégration à Reims pour nous aider deux jours par semaine ». Pris de cours, les parents se retrouvent bloqués entre leur vie professionnelle et leur vie familliale. Pas facile à gérer. Alors, en attendant une réponse concernant l'attribution d'une AVS, Ingrid et sont mari attendent…
Stéphane GUERRINI
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