Publié le mercredi 28 septembre 2011 à 11H00 - Vu 57 fois
L'APF a tenté de mobiliser au maximum les passants hier à Reims.
Ils reviennent à la charge, les parlementaires, et ce pour la 4e fois : une nouvelle loi a été votée en première lecture à l'Assemblée, qui permet à des promoteurs de déroger à la loi de 2005 sur l'accessibilité.
Certains députés sont têtus, mais l'Association des paralysés de Franc aussi : ils ont manifesté hier dans toute la France, et devant la sous-préfecture de Reims, sur le thème « Des bâtons dans les roues ». Ils ont distribué des tracts aux passants pour les sensibiliser, dialoguant avec eux.
« Pour les constructions neuves, ce n'est pas pensable d'avoir des dérogations ! On comprend que cela puisse être plus difficile, et coûteux, dans des bâtiments anciens. » Bernadette Marchand, responsable de l'accessibilité à l'APF, vise aussi les bus : « Ces dérogations pourraient aussi permettre à certains transporteurs de ne pas se mettre aux normes. A Reims, nous travaillons avec la Ville et Citura, pour que fin 2012, les 5 lignes principales de bus soient accessibles. Et on ne pense pas qu'aux handicapés, loin de là : il y a les poussettes, et aussi les personnes âgées, de plus en plus nombreuses ».
Bernadette signale qu'à Reims, ça bouge dans le bon sens, mais qu'il y a des gros soucis au niveau des pavés, « qui ne sont pas plats au niveau de certains passages protégés, de la gare ou du parvis de la cathédrale. Place de la mairie aussi, on s'empierge facilement ! » Et de confirmer que ces soucis ne concernent pas seulement les gens en fauteuil, mais bien une population vieillissante, dans la Marne comme ailleurs.
L'APF trouve scandaleux qu'on puisse encore remettre en cause l'accessibilité, surtout dans le bâti neuf. « Selon la Banque mondiale, le surcoût de l'intégration de l'accessibilité dans une construction neuve n'atteint pas 1 % du montant global des travaux ! », explique le Châlonnais Guy Poiret, membre de la commission départementale d'accessibilité, réfutant ainsi l'argument souvent donné par certains, sur le surcoût de l'accessibilité.
« Toujours selon la même source, les lieux touristiques qui ne sont pas accessibles perdent de 15 à 20 % de fréquentation. »
L'APF espère sensibiliser le maximum de personnes pour faire fléchir les députés, pour que ceux-ci résistent au lobby des promoteurs immobiliers.
Vous pouvez signer la pétition sur www.desbatonsdanslesroues.org
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