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Reims / Comparution immédiate La chaussette vaut six mois de prison

Publié le mercredi 11 août 2010 à 11H00 - Vu 1331 fois



La scène s'est déroulée samedi dernier, le 7 août. Youssef Bennabed, libéré de la maison d'arrêt de la cité des sacres, 15 jours plus tôt, déambule près du mur d'enceinte.
C'est l'heure de la promenade, certains détenus sont donc dans la cour.
Dehors, le jeune homme, libre donc, tient un petit paquet dans la main. Il quitte sa chaussure, retire sa chaussette et garnit cette dernière du paquet qu'il détenait. Le « panier garni » tombe au milieu de la cour. Il est promptement récupéré par les surveillants.
Le coup est manqué.
A l'intérieur de la chaussette, de la résine de cannabis et un téléphone portable. Les caméras de surveillance disposées autour de la maison d'arrêt vont rapidement aiguiller les policiers vers un visage connu.
Arrêté le lendemain des faits, le lanceur de « yoyo », se retrouve une nouvelle fois devant le tribunal de Reims. Il avait tout juste fini de purger une peine de sept mois de prison ferme.
La présidente Madrolle déroule le fil de l'histoire. Et cherche à savoir à qui était destiné le paquet. Youssef détache à peine ses yeux de la barre et lâche : « C'était pour un certain Jérôme. je ne connais pas son nom, juste son prénom ». La présidente le reprend de volée : « il n'y a pas de Jérôme actuellement à la maison d'arrêt ».
« C'était pour Jérôme, c'est tout » répond le prévenu.
Petit service
Quelques grammes de résine de cannabis, un téléphone portable mais sans puce.
Pour cette chaussette, le prévenu risquait gros. En particulier la révocation de son sursis.
C'est d'ailleurs dans cette faille que s'est engouffrée la procureure de la République. « Les maisons d'arrêt ne sont pas des supermarchés. Malgré cela, les stupéfiants tombent du ciel. Les faits sont graves, vous être sorti, il y a quinze jours et vous recommencez ». Sont requis, six mois de prison ferme et la révocation d'un sursis de six mois ainsi qu'un placement sous mandat de dépôt à l'issue de l'audience.
Me Marteau, avocat de la défense a souligné la « vétusté de la prison » ainsi que les pressions qu'aurait subies le jeune homme durant sa détention et cette « commande » qu'il a dû honorer ensuite.
Condamné à six mois de prison ferme par le tribunal, le jeune homme a été conduit à la maison d'arrêt dès sa sortie du tribunal.
Th. D

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