Publié le mercredi 04 janvier 2012 à 08H45 - Vu 785 fois
Claude Scabalat, maire de Boult-sur-Suippe, la commune qui a gagné le plus d'habitants dans l'arrondissement de Reims.
REIMS (Marne). L'Insee vient de publier de nouveaux chiffres sur la population française : la Champagne-Ardenne est la seule région à perdre des habitants. Reims et son arrondissement n'en sont pas exempts. Ils comptent aujourd'hui 291 833 habitants. Soit 95 de moins qu'en 2011 et 1.024 de moins qu'en 2010.
Seize cantons et cent cinquante-six communes. Voici de quoi se compose l'arrondissement de Reims et comment étudier de très près l'évolution de sa population.
Or le constat n'est pas très folichon. L'arrondissement, en perte de vitesse, compte 291 833 habitants en 2012 contre 291 928 en 2011 selon les estimations que vient de publier l'Insee (*). 95 personnes ont donc quitté le territoire.
En y regardant de plus près, la cité des Sacres, particulièrement affectée par ce dépeuplement, perd plus de deux mille habitants en deux ans (voir tableau). « Mais nous sommes en train d'inverser la tendance », tempère Éric Quénard, premier adjoint au maire de Reims, tout en expliquant que si les habitants continuent à quitter Reims ils sont bien moins nombreux à le faire qu'en 2010.
Reims loin d'atteindre son objectif
« Nous avons investi plus de trois millions d'euros jusqu'en 2014 afin de créer de l'emploi, de le sauvegarder, mais aussi du logement et pour attirer les étudiants », poursuit-il. Reste qu'à cette allure Reims devra mettre le turbo pour atteindre les 20 000 habitants supplémentaires promis par la maire pour 2020.
Parallèlement, de petites communes comme Cormontreuil, Muizon ou encore Sermiers suivent la même tendance. Pourquoi ?
« La fermeture de la BA 112 nous a fait du tort », avance Martine Jolly, maire de Coucy, un village de 1 308 habitants. « Une dizaine de familles sont parties. Or, depuis deux ou trois ans, il est devenu difficile de revendre ou de relouer les logements. » Les jeunes, en quête de travail, désertent aussi. Du coup l'école maternelle a fermé à la rentrée de septembre.
"Une population vieillissante dans les villages"
Du côté de Cormontreuil, comptant pourtant 6 279 habitants en 2012, le son de cloche est identique. « La population vieillit, les enfants partent. Nous n'avons que de petites maisons individuelles occupées par des personnes âgées », rapporte Jean Marx, le premier magistrat. Un constat que dresse également son homologue de Muizon, Germain Renard. « Quand on vient ici, on s'y sent bien, on y reste et on y meurt. »
Du coup, pour tenter de remédier aux départs, les municipalités investissent dans la construction de logements collectifs ou élargissent leurs zones de construction. D'autant que la diminution du nombre d'habitants implique forcément une perte de revenus pour la commune. Seulement voilà, cela prend du temps.
Au final, seules de rares communes tirent leur épingle du jeu. À l'exemple de Boult-sur-Suippe. « Nous avons la chance d'avoir le village le plus beau de la vallée de la Suippe », se gargarise le maire, Claude Scabalat, avant de concéder que la proximité de la ligne ferroviaire et de le pôle de compétitivité Pomacle-Bazancourt y sont pour beaucoup. Tant et si bien, que pour faire face à l'arrivée de ces nouveaux habitants, quarante-huit logements sont sortis de terre il y a trois ans. Un lotissement d'une quarantaine d'autres maisons est sur le point d'être livré et le groupe scolaire de deux cents enfants projette d'accueillir cinquante écoliers supplémentaires à la rentrée prochaine.
Tinqueux aussi, fait partie de ces quelques exceptions. « Sûrement parce que nous sommes une ville à taille humaine comparativement à la grande agglomération. Les gens recherchent le contact, la proximité avec les élus et leurs voisins. Et puis nous avons un tissu associatif très développé et menons une politique de construction de logements sociaux agréables depuis une quinzaine d'années », explique pour sa part Jean-Pierre Fortuné. Francis Renard, maire de Bétheniville, dont la population est en nette progression de conclure avec lucidité. « Nous avons l'avantage d'avoir des écoles, des commerces et des prix à la construction de logements bien plus attractifs dans la deuxième couronne de Reims. »
Lélia BALAIRE
(*)Insee : Institut national de la statistique et des études économiques. Par ailleurs, l'ensemble de ces chiffres tiennent comptent de la population municipale ainsi que des personnes qui habitent habituellement dans une autre commune, mais ont conservé une résidence sur le territoire de la commune en question.
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