Publié le jeudi 11 novembre 2010 à 10H21 - Vu 163 fois
Jean-Paul Bachy lancera lundi le débat des orientations budgétaires.
CHAMPAGNE-ARDENNE. Le président de la Région paraît bien déboussolé si l'on en croit ses opposants UMP-NC-DVD qui estiment ses orientations budgétaires « opaques, squelettiques et insincères ».
LUNDI, le conseil régional se réunira pour débattre des orientations budgétaires (OB) préalables au budget 2011. A la veille de l'adoption, par l'Assemblée nationale, du texte sur la réforme des collectivités territoriales, ce débat d'orientation prend une dimension politique quelque peu extraordinaire.
A titre d'exemple, si le Comité économique, social et environnemental régional (NDLR : Ceser ou « césaire » en phonétique), estime que la nouvelle présentation des orientations est « plus conforme à ce que doit être la présentation d'une stratégie politique régionale alors qu'auparavant les orientations budgétaires relevaient plutôt d'un pré-budget… », nonobstant une rédaction qui « donne parfois l'impression d'un certain flou sur quelques sujets… », le principal groupe d'opposition proclame, conférence de presse à l'appui, que le document qui lui a été transmis - et son contenu - sont « opaques, squelettiques et insincères… ».
Marc Sebeyran brandit un feuillet sur lequel des chiffres se battent en duel dans un tableau simpliste, qui commence avec 241 millions d'euros de recettes de l'Etat en 2011 contre 239,7 pour le budget primitif 2010, pour se terminer avec un total hors emprunt de 514,1 millions d'euros en OB 2011, contre 521,8 millions d'euros en BP 2010. « Ce sont les seuls chiffres qui nous ont été transmis, et il n'est question là-dedans que de prévisions de recettes quand nous devrions y trouver une approche par grandes masses des dépenses et des investissements ; or il n'y a rien, pas même d'engagements pluriannuels ». Le porte-parole du groupe affirme : « En l'absence de données chiffrées complémentaires, nous nous réservons le droit d'engager un recours en annulation, car sinon, de quoi va-t-on débattre ? […] Et si d'aventure les données manquantes apparaissent lundi, pourquoi n'ont-elles pas été communiquées en temps utile aux commissions ? » Pour Xavier Albertini : « Faute de chiffres, on est en train de débattre du sexe des anges ! »
Un carcan idéologique
Des chiffres, les élus en ont trouvé quand même assez pour critiquer la politique économique entrevue, en stigmatiser impasses et présumées insuffisances.
Ainsi, selon M. Sebeyran, « toutes les recettes ne sont pas prises en compte, notamment celles de la fiscalité votées récemment, dont la surmodulation de la TIPP (Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers)…».
Sur ce point précis, les recettes de TIPP sont présentées en baisse, de 91 à 88 millions d'euros, « quand 12 millions d'euros vont être apportés par la hausse votée » précise M. Sebeyran.
Même constat sur les cartes grises dont les recettes sont présentées comme étant stables à 37,5 millions d'euros quand leur fiscalité a été récemment alourdie, poursuit le même Marc Sebeyran
Enfin, l'adjoint Nouveau Centre au maire de Troyes, déplore l'absence de « prise en compte de l'endettement réel de la région » apprécié à 350 millions d'euros quand le poids « du crédit bail » porterait la note à 445 millions… Le groupe d'opposition plus en phase avec la majorité présidentielle qu'avec l'association des régions de France (ARF), s'interroge avec malice sur ce qui motive cette « insincérité ». Pour ces élus qui adhérent à l'Association des élus régionaux de France (AERF) de façon à se différencier des prises de position partisanes de l'ARF, le président Bachy est dans un carcan idéologique qui lui impose de jouer la carte du misérabilisme régional par opposition à un supposé jacobinisme d'Etat, qui étranglerait les collectivités. Pourtant affirment-ils, les recettes d'Etat sont toutes en hausse et une comparaison avec les ratios moyens des autres régions de France montrerait que la Champagne-Ardenne disposerait d'une marge de manœuvre de 80 millions de francs, dont 45 pourraient être basculés sur le poste « investissement, sur l'économique au sens large ».
Cette dérive serait parfaitement illustrée, selon Xavier Albertini, dans la part modique occupée par le poste Economie dans le budget global : « 2,8 % sur 600 millions d'euros »…
Nul doute que Jean-Paul Bachy aura à cœur d'expliquer sa tenue de cap avec la verve qu'on lui connaît.
Philippe LE CLAIRE
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site













Les dernières contributions
MANSA
ici, là ou ailleurs
13/11/2010 à 10h28
Pour tous: je vous rappelle que le code des collectivités territoriales permet à tout citoyen champ'ardennais d'obtenir communication de l'ensemble devces documents.
chambouvart
triangle Reims/Chalons/Epernay
12/11/2010 à 19h35
D'accord avec Champ.... Bon nombre de citoyens savent lire des budgets et pourrait ainsi se faire une opinion de la façon dont est gérée la région
lentarteur
12/11/2010 à 14h51
D'accord avec Champ, si c'est Monsieur BACHY et si l'on a un commentaire.
MANSA
ici, là ou ailleurs
11/11/2010 à 19h33
Et pourtant, en matière budgétaire, les crédits baux, mais aussi les garanties d'emprunts, doivent figurer dans les dépenses, et les différents conseillers doivent recevoir des informations complètes... Opacité, quand tu nous tiens...
Champ
11/11/2010 à 18h18 | 1
Afin d'essayer de comprendre ces propos, pourrions-nous avoir la publication du document remis par Mr Blachy ?