Publié le mercredi 08 février 2012 à 10H24 - Vu 3369 fois
« Il y a des lois sur le tapage nocturne et sur le racolage. Qu'on les applique. »
REIMS (Marne). Il habite depuis huit ans place Sainte-Claire et depuis huit ans il subit les nuisances des prostituées qui tapinent devant chez lui. Alain en a assez et le dit.
«Ç A commence généralement vers 16-17 heures. Elles arrivent et faut déjà faire la police pour qu'elles ne s'assoient pas sur le capot de votre voiture, accrochent leur sac au rétroviseur, ou ne se planquent pas devant votre fenêtre qui sert alors de télé et par laquelle elles reluquent pour voir ce qu'il y a dans la maison. À partir de 22 h 30 - 23 heures, les voitures commencent à tourner dans le quartier avec un ballet de portières qui claquent. Ça discute comme en plein jour comme si ça ne devait gêner personne. Les filles s'engueulent, on ne sait trop pourquoi, pour un client chipé, pour des questions de tarifs. L'autre jour, il y a un peu plus d'un mois, il y en a même une qui a pété les plombs. Elle a rayé plusieurs voitures avec une clef, en a tagué une autre avec un feutre. Et le matin devant la maison, régulièrement, on retrouve des canettes vides, des mégots, des mouchoirs remplis de foutre, des préservatifs usagés, des papiers gras de sandwiches, des seringues. On a même eu une culotte ! Y'en a MARRE. On appelle les flics. Ils se déplacent. On est tranquille deux jours et ça recommence. Ils passent sans doute le message, mais comme le cheptel est souvent renouvelé, les prostituées, beaucoup originaires d'Afrique, reviennent et tout recommence. On ne peut tout de même pas passer notre temps à appeler la police. »
Résidant depuis huit ans place Sainte-Claire située juste derrière le commissariat, Alain pousse un nouveau coup de gueule, même s'il sait que ça ne servira pas à grand-chose, comme les nombreuses pétitions lancées régulièrement par les gens du voisinage (lire ci-dessous).
« Autant pisser dans un violon ». Ca fait pourtant mal au cœur. « Nous avons une voisine qui a déménagé à cause de ça. Elle ne supportait plus. Quand on leur dit de faire moins de bruit car on travaille le lendemain, elles nous répondent qu'elles aussi travaillent ! Si c'était un simple problème avec un voisin, ça serait réglé depuis longtemps. De plus, régulièrement quand ma femme rentre du travail le soir, elle se fait aborder et on lui demande, c'est combien. Vous pouvez imaginer combien ça fait plaisir. »
Application de la loi
« On ne demande pourtant pas l'impossible », explique le riverain de la place Sainte-Claire. « Il y a des lois sur le tapage nocturne et sur le racolage. Qu'on les applique. Si les prostituées étaient alignées tous les jours, elles se barreraient. Mais j'ai bien l'impression que ça rapporte moins que de mettre un radar à la sortie de la bretelle d'autoroute, une affaire qui s'avère vachement plus rentable. Quant aux maquereaux, on sait partout qu'ils sont des indics. Reims ne doit pas échapper à la règle. »
Que faire alors ? Faut-il pénaliser les clients qui tournent autour des prostituées comme l'a proposé la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot s'appuyant sur le modèle suédois ?
Alain ne croit pas à l'efficacité de la mesure. « C'est bidon. C'est un effet d'annonce, un de plus. À moins qu'il ne soit pris en pleine action, il faudra prouver que le client cherchait une fille. Un avocat aura facile à démontrer qu'il cherchait une place pour se garer. » Alain serait plutôt favorable à la réouverture des maisons closes.
Ça a toujours existé alors autant qu'il y ait des endroits comme en Allemagne, en Suisse ou en Hollande… on ne voit plus de prostituées dans la rue. À quand un référendum ?
Alain MOYAT
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