Publié le mercredi 25 août 2010 à 11H00 - Vu 313 fois
REIMS (Marne). C'est la peine - partiellement assortie d'un sursis - dont ont écopé, hier, deux hommes qui, en juillet 2009, avaient séquestré, ligoté, violenté et menacé d'un couteau leur victime afin de lui extorquer plusieurs milliers d'euros.
LES deux larrons voulaient se faire de l'argent. Et pour parvenir à leurs fins, Cédric Belbecir, 29 ans, et Christopher Wazin, 20 ans, n'ont pas hésité à envisager un scénario des plus violents : extorquer, sous la menace d'un couteau pressé sous la gorge, le pécule d'une de leurs connaissances, provenant selon eux d'un trafic de stupéfiants. Les comparses n'en étaient d'ailleurs pas à leur coup d'essai. Forts d'un casier judiciaire déjà bien fourni, ils avaient déjà commis ensemble un cambriolage en décembre 2008, pour lequel ils seront condamnés, le 15 mars dernier, à six mois d'emprisonnement.
Mais le 10 juillet 2009, ils décident de monter d'un cran dans leur logique délinquante. Après avoir préparé leur coup, acheté corde, cagoules et autres ustensiles, ils se rendent ce matin-là au domicile de leur victime, qu'ils connaissent bien pour avoir effectué en sa compagnie quelques voyages aux Pays-Bas et avoir passé chez lui quelques soirées.
Compte courant et Livret A
Il est 7 h 15. À peine réveillé, le locataire des lieux situés au 8e étage ouvre la porte. C'est alors que deux hommes tout vêtus de noir, gantés et encagoulés, le poussent à l'intérieur de son studio. Cédric Belbecir le frappe violemment au visage (7 jours d'ITT) avant que les deux hommes ne lui ligotent pieds et mains et ne tentent, en vain, de le bâillonner.
Pendant deux heures, ils s'acharneront à lui extorquer ses économies, en le menaçant d'un couteau pressé sous la gorge, selon la victime. Cette dernière n'a pas mis longtemps à les identifier, malgré leur visage camouflé, mais ses agresseurs ne renoncent pas pour autant. Ils en sont persuadés : il y a de l'argent dans l'appartement. Et ils trouveront en effet, à force de fouiller les lieux, quelque 1 800 euros en espèces, ainsi que la carte bancaire de leur victime et son Livret A sur lequel sont épargnés pas moins de 6 200 euros.
Au cours de ses deux heures de calvaire, la victime finit par leur céder le numéro de code de sa carte bancaire. Mais les deux comparses n'ont pas l'intention de passer à côté de la petite fortune reposant sur son compte d'épargne et décident de mettre au point un stratagème : appeler la banque pour donner un ordre de virement. Aussi la victime est-elle contrainte de passer le coup de fil, mais l'établissement refuse de procéder à la transaction, demandant à son client de se déplacer.
Ils laissent l'otage seul !
Survient alors une chose surprenante : Christopher Wazin décide d'aller retirer de l'argent au distributeur automatique à l'aide de la carte bleue, tandis que Cédric Belbecir part acheter une recharge de téléphone, laissant ainsi l'otage seul dans son studio. Ils emportent avec eux son téléphone portable et ses clés, mais à leur retour trouvent la porte fermée par le verrou intérieur. Entre-temps, le locataire n'a pas manqué de donner l'alerte auprès de ses voisins.
Cédric Belbecir sera interpellé par les policiers quelques instants plus tard, mais son complice parviendra à prendre la fuite en possession des 1 800 euros trouvés dans l'appartement et de 20 euros retirés au distributeur. Ce n'est que quelques jours après qu'il se livrera lui-même au commissariat de police, non sans avoir préalablement dépensé l'intégralité du butin.
Pour ces faits, les deux hommes encouraient les assises et 30 ans de réclusion criminelle. Mais avec l'accord de la victime, ils ont finalement été requalifiés en délits d'extorsion en bande organisée, exempts des circonstances aggravantes caractérisées par l'usage de la violence et d'une arme. En détention depuis juillet 2009, ils risquaient tout de même une peine maximale de dix ans de prison, hier, lors de leur jugement devant le tribunal correctionnel. C'est finalement à quatre ans d'emprisonnement que Belbecir et Wazin ont été condamnés, assortis respectivement d'un an et deux ans de sursis avec mise à l'épreuve pendant trois ans. Ils devront indemniser leur victime - laquelle a quitté appartement et emploi peu après les faits - à hauteur de 6 500 euros de dommages et intérêts. En attendant, ils ont réintégré leur cellule en maison d'arrêt afin de purger le reste de leur peine.
Franck BRENNER
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