Publié le lundi 16 janvier 2012 à 09H30 - Vu 632 fois
« J'ai eu un cancer du sein en 2007, puis une biopsie osseuse a décelé un cancer des os en mars dernier. Est ce dû à ces prothèses pourries ? », s'énerve Michèle Henriques qui ne souhaite pas en rester là…
CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Porteuse d'implants PIP, Michèle Henriques, 51 ans, va subir une intervention chirurgicale ce mercredi afin de se faire retirer ses « bombes à retardement ». Elle souhaite regrouper toutes les victimes du secteur au sein d'une association. Zoom sur son histoire.
« QUAND j'ai lu l'union samedi, j'ai bondi en me rendant compte que je n'étais pas la seule dans le coin à être porteuse de prothèses PIP. Aussi, il faut que toutes les victimes se regroupent, s'unissent car chacune reste dans son coin et ça m'énerve. Nous devons monter une association, nous rapprocher d'un avocat afin que chaque femme puisse faire valoir ses droits et ne débourse rien quel que soit son cas ».
Déterminée, c'est peu dire, Michèle Henriques, 51 ans, fait partie de ces 30 000 femmes en France, porteuse d'implants PIP, 30 000 femmes angoissées aujourd'hui à l'idée que leurs prothèses (retirées du marché) contenant un gel très douteux, puissent suinter. « Mimi » pour les intimes, patronne du « Ramsès », club libertin châlonnais, revient sur les conditions dans lesquelles ces prothèses, « des bombes à retardement » comme elle les définit, lui ont été proposées.
Dans son cas, il ne s'agit pas d'implants afin de bénéficier d'une poitrine plus généreuse, il ne s'agit pas de chirurgie esthétique mais d'une reconstruction après chirurgie du cancer du sein.
Cancer du sein et des os
Tout débute en 2002-2003, plusieurs kystes sont décelés chez Michèle, et après plusieurs interventions, des prothèses mammaires PIP (Poly Implant Prothèse) lui sont posées, version 90 D.
« Courant 2007, j'ai commencé à avoir mal aux seins, j'ai passé une biopsie », nous explique-t-elle. Douche froide, un cancer est alors décelé. Ont suivi des séances de radiothérapie quotidiennes, une chimio tous les lundis cinq heures durant, puis d'autres biopsies. « J'étais descendue à 38 kg », se souvient notre Châlonnaise qui s'est battue contre ce satané mal…
Mais en mars dernier : rebelote. « J'avais des douleurs dans le dos, une biopsie osseuse m'a donc été prescrite. Cancer des os. Est-ce dû à ces prothèses pourries ? », s'interroge aujourd'hui Michèle qui a demandé à son chirurgien à ce que des analyses soient effectuées. « Je veux un compte rendu… »
« Saloperies » dans le corps
Effectivement, Michèle se rendra à Reims afin de se faire ôter ces deux prothèses mercredi, l'intervention doit durer entre trois et quatre heures. Outre cette nouvelle épreuve, « Mimi » souhaite aujourd'hui se battre, regrouper les victimes.
Furieuse elle est contre les dirigeants de la société productrice des implants : « Les gens qui ont fabriqué ces prothèses voyaient bien que c'était un truc industriel et non de la silicone médicale. Il fallait l'ouvrir », poursuit-elle avec un ton bien à elle, signalant au passage que même les cas de chirurgie esthétiques sont inadmissibles. « Des femmes ont fait des crédits pour se faire implanter des saloperies dans le corps… »
David ZANGA
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