Publié le samedi 27 novembre 2010 à 12H00 - Vu 1002 fois
Aucun mandat de dépôt n'a été décerné par la cour d'assises à l'encontre de Jean-Michel Jobert.
AVENAY-VAL-D'OR (Marne). Après sa condamnation par la cour d'assises, Jean-Michel Jobert, 55 ans est désormais inscrit au fichier des auteurs d'agressions sexuelles.
MOINS d'une heure ! Il aura effectivement fallu moins d'une heure aux jurés de la cour d'assises de la Marne pour se forger leur intime conviction sur la culpabilité de Jean-Michel Jobert. Ce vigneron de 55 ans jugé pour le viol d'Annie Schawann, aujourd'hui âgée de 61 ans, encourait la peine maximum de 15 ans.
« On peut penser qu'il s'agit là d'un petit crime car aucun décès n'est à déplorer. Preuve que non, le viol dans notre société étant plus sévèrement puni depuis 1980 afin de mettre un terme aux violences faites aux femmes », a souligné Me Carteret, l'avocat de la partie civile.
La politique de l'autruche
Le juriste n'a pas manqué d'évoquer « l'enfermement psychologique dans lequel a été plongée Madame Schawann », rappelant au passage que malgré les réquisitions du procureur de l'époque, Jean-Michel Jobert avait été laissé libre, sous contrôle judiciaire.
« Ma cliente, elle, est une femme tout ce qu'il y a d'ordinaire, enfermée dans cette prison qu'elle s'est construite ce 22 décembre 2007 ». Une prison alimentée par « les mauvaises langues qui salissent la victime et victimisent l'accusé ».
Quant à Jocelyn Poul, l'avocat général, « c'est en parfaite connaissance de cause que Jean-Michel Jobert a violé Madame Schawann, ignorant délibérément l'absence de consentement de sa victime ».
Le représentant du parquet a insisté sur le traumatisme vécu, non seulement par Annie Schawann mais également par son mari.
Selon lui, Jean-Michel Jobert affiche une absence totale de remise en cause. « Il préfère pratiquer la politique de l'autruche plus que d'affronter ses responsabilités. Il est temps d'assumer ce qui s'est passé ! », n'excluant d'ailleurs pas un risque de récidive. Il a requis cinq ans de prison assortis de deux ans avec sursis.
Me Péchart, l'avocat de Jean-Michel Jobert assure, lui, « qu'il s'agit d'un dossier atypique de par son contexte. Mon client est un être normal, un homme ordinaire », réfutant toute volonté de simuler.
« Il a toujours reconnu le viol, tout en ayant assuré avoir agi sur une pulsion ». L'avocat tente alors d'expliquer que ce dossier « avait peu de chance d'arriver aux assises si Jean-Michel Jobert avait nié les faits ».
La victime n'avait, effectivement pas trouvé le courage de déposer plainte immédiatement mais 15 jours seulement après les faits.
« Une peine de prison ferme n'aidera pas la victime ! », affirme le pénaliste. « Imaginez mon client en prison, partageant une cellule avec trois gras trafiquants de drogue ». Me Péchart n'a pas manqué d'avertir les jurés : « Le rôle de la cour d'assises n'est pas de hurler avec les loups. De toute façon, Jean-Michel Jobert ne risque pas d'oublier cet épisode ».
La victime satisfaite
À l'issue de quarante minutes de délibéré, le jury a condamné Jean-Michel Jobert, ce vigneron de Magenta comme il aime à se définir à cinq ans de prison dont quatre avec sursis.
Si aucun mandat de dépôt n'a été décerné à l'audience, un rendez-vous chez le juge d'applications des peines lui a été remis en vue d'un aménagement.
Depuis hier, l'homme est également inscrit au fichier des auteurs d'agressions sexuelles.
S'il dispose de 10 jours pour faire appel de cette décision, il semble peu probable que son avocat le lui conseille.
De son côté, Annie Schawann s'est déclarée satisfaite du verdict.
« Il fallait qu'il soit condamné à de la prison ferme. C'était important pour moi, pour tenter de me reconstruire ».
Corinne LANGE
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