Publié le dimanche 19 juin 2011 à 10H23 - Vu 1467 fois
Ils étaient nombreux dans la cité des sacres à faire vrombir leur moteur en signe de mécontentement, auprès d'une quarantaine d'automobilistes solidaires.
REIMS (Marne). Pour la première fois, motards et automobilistes ont manifesté partout en France, hier, à l'appel de la Fédération française des motards en colère contre les mesures répressives du gouvernement en matière de sécurité routière.
LES oreilles du gouvernement ont dû siffler. Ils étaient en effet plusieurs dizaines de milliers de motards, hier, à faire vrombir leurs cylindrées dans les rues de nombreuses villes françaises, en guise de mécontentement contre les nouvelles mesures de sécurité routière préconisées par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, afin d'enrayer le nombre de morts sur les routes.
Plus de 80 cortèges affiliés à l'Union des usagers de la route ont ainsi défilé un peu partout à l'unisson à l'appel de la Fédération des motards en colère (FFMC), comme à Reims où de 1 500 à 2 000 manifestants, selon les sources, ont investi les rues de la cité des sacres au son tonitruant des moteurs en furie. Avec le fol espoir, peut-être, que tout ce vacarme raisonne jusqu'à Paris et la place Beauvau des quatre coins de la France.
Dans la Marne, le déploiement était organisé par l'antenne de la FFMC de l'Aisne. Vers 14 heures, quelque 250 motards se sont donc élancés de Laon sur la RN44 afin de rejoindre le Parc des Expositions de Reims où les attendaient plus d'un millier d'usagers de deux roues venus de la Marne, mais aussi de l'Aube. Aux alentours de 16 heures, le cortège s'est ensuite dirigé le long des boulevards de Reims en effectuant plusieurs arrêts afin de bloquer la circulation et sensibiliser l'opinion, notamment les automobilistes qui étaient invités à se joindre à la manifestation.
Quarante d'entre eux y ont d'ailleurs répondu favorablement en se joignant au cortège. Motards et automobilistes manifestant ensemble : une première. Un soutien de taille quand on sait l'incompréhension qui peut exister, parfois, entre ces deux catégories d'usagers de la route.
Un soutien symbolique, par conséquent, qui n'a pas manqué d'ajouter au poids des revendications de la FFMC.
« Insister sur la formation »
« Après deux ans et demi de concertation avec le gouvernement, il n'en est ressorti que des mesures répressives, déplore en l'occurrence le coordinateur de l'Aisne, Martial Cochet. Certaines sont aberrantes, comme l'agrandissement des plaques d'immatriculation alors qu'en Allemagne, on les réduit. Nous voulons que les plaques restent tel quel. Ce n'est pas ce genre de mesures qui va nous protéger. Les plaques non homologuées sont déjà verbalisées, ce n'est pas la peine d'en rajouter. C'est exactement pareil pour ce qui est des gilets et des bandes réfléchissantes. Ca ne protège pas un motard dans sa chute. »
Aussi, les motards en colère attendent-ils du gouvernement une méthode plus préventive. « Il faut insister sur la formation des jeunes, souligne à ce propos Martial Cochet. Il faut sensibiliser les usagers de deux roues sur les risques routiers dès le plus jeune âge. Il faudrait aussi réduire la TVA sur les équipements de deux roues pour que tout le monde puisse s'acheter un équipement fiable et sécurisant. »
Ce n'est finalement qu'en fin d'après-midi que les motards se sont enfin dispersés de retour au Parc des Expositions, après avoir rallié Tinqueux par l'A4 puis le centre-ville de Reims.
Un arrêt remarqué où les moteurs ont une fois de plus rugi de colère.
Comme un avertissement au gouvernement qui, s'il n'était pas entendu, pourrait bien augurer de prochaines mobilisations nationales.
Franck BRENNER
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