Publié le dimanche 19 février 2012 à 12H00 - Vu 167 fois
Six entrepreneurs ont été félicités pour leur action en faveur de l'environnement.
Six entreprises viennent de se voir récompensées par les 1ers Eco-Trophées du parc naturel régional de la Montagne de Reims. Que font-elles pour aider au développement durable ?
ILS réutilisent les sarments de vigne pour cuire ou se chauffer, intègrent leur site d'exploitation dans le paysage, dispensent des formations aux normes agro-biologiques, où fabriquent du pain bio au feu de bois…
Le Parc naturel régional de la Montagne de Reims a récompensé, lors de cette première, six entrepreneurs pour leur action en faveur de l'environnement, leur décernant un Eco-Trophée. Explications.
« Mon but était de faire découvrir le vignoble de Aÿ au plus près », explique James Richard-Fliniaux à la tête de Aÿ-Eco-Visite. « Là, avec mon véhicule, électrique, 100 % français et recyclable (les batteries sont en plomb), je propose, depuis août dernier, trois types de circuits aux touristes ». Et bientôt, il va se doter de panneaux solaires pour recharger les batteries.
« Si tout ce passe bien, je pense acquérir un second véhicule en 2013 ».
Pour Denis Letertre, l'idée était d'arriver à vivre grâce à une activité à la démarche écologique.
Pain, sarment, visite…
Aux Délices au feu de bois, à Sarcy, il fabrique des pains biologiques cuits au feu de bois. « Mon blé est bio, sans aucun additif, et ma méthode de cuisson n'a rien à voir avec celle d'une baguette ». Pour baisser les coûts, « je suis 10 % moins cher que les autres pains bio », il a choisi de ne pas ouvrir de magasin, son pain étant distribué par le biais d'une AMAP, Association pour le maintien d'une agriculture paysanne.
La distribution, les débouchés, c'est ce que recherche encore Marc Augustin, de M.A. Viticulture à Avenay-Val-d'Or. « J'ai une saison de stock ».
Mais de quoi ? « Plus de 25 tonnes de sarments de vignes ». Ils attendent d'être brûlés, soit pour les barbecues, soit comme combustible de chauffage.
Le sarment, au lieu d'être broyé et restitué au sol, « cela causait problème car, lors, des fortes pluies, il ravine et bouche l'écoulement des eaux », est désormais ramassé.
Il suffisait de mettre au point la machine compatible pour passer dans les galipes. « C'est comme une machine à faire des rouleaux de paille. En plus petit ». Elle compacte des fagots de 25 kilos de sarment humide, 16 kilos lorsqu'il est sec, « au rendement calorique plus important que le bois de forêt ».
En matière de recyclage, le GIE Viti-Lavage à Châtillon-sur-Marne est parvenu à son but. « Traiter les effluents issus du lavage des pulvérisateurs viticoles, tout en réutilisant l'eau retraitée » explique Cédric Moussé, le président du GIE de 51 adhérents, viticulteurs et prestataires de service, soit 500 hectares de vignes.
« Nous devions nous mettre en conformité avec la réglementation sur les produits phytosanitaires. Or, une installation individuelle coûtait de 6 à 9 000 € d'investissement. Là, le coût annuel n'est que de 300 à 500 € ». Surtout, après plus de quatre ans de gestation, « l'aire de lavage va permettre à un prestataire de retraiter sur place la pollution, nous fonctionnerons ainsi en circuit fermé en dehors du prélèvement d'eau initial en début de saison »…
Au moment d'accueillir ce prix, ces entrepreneurs affichent les sourires. « C'est la cerise sur le gâteau » avoue Cédric Moussé, « cela peut nous permettre de trouver de nouveaux adhérents à notre station de lavage des pulvérisateurs ». Denis Letertre compte, lui aussi, se servir de ce prix « pour communiquer sur mon pain ».
« Très honorant, gratifiant », James Richard-Fliniaux goûte la reconnaissance de ses prestations de découverte du vignoble. Enfin, pour Marc Augustin, cela le rassure sur son activité de valorisation des sous-produits de la vigne. « Cette gratitude veut dire que je ne me suis pas trompé ».
Promouvoir, aider, développer durablement, tout est dit !
Frédéric GOUIS
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