Publié le mercredi 31 août 2011 à 07H34 - Vu 149 fois
La même chambre de la même cour de cassation a rendu un arrêt annulant purement et simplement le précédent.
S'agira-t-il, oui ou non, d'un point final ? Rien n'est moins sûr, tant les rebondissements, coups de théâtre et autres loufoqueries judiciaires ont ponctué le quotidien de la société Plysorol ces derniers mois. Cet été encore, l'ex leader européen du contreplaqué, dont l'un des sites français se trouve à Magenta, près d'Épernay, a fait l'objet d'une décision de justice à la fois inattendue, incongrue et potentiellement dévastatrice. Dans un arrêt rendu en catimini à la fin du mois de juillet, la chambre commerciale de la cour de cassation du Gabon faisait littéralement exploser l'entreprise en rendant à son ancien actionnaire déchu, le Chinois Guohua Zhang, les filiales gabonaises de Plysorol et les 600 000 hectares de forêt qu'elles exploitent. Une nouvelle chinoiserie peu goûtée par Ghassan Bitar, l'actuel propriétaire de la société tant convoitée pour ses trésors africains. Quid des décisions de justice française qui avaient imposé l'inaliénabilité des filiales gabonaises et désigné quelques mois plus tôt Ghassan Bitar comme repreneur ? Quid des décisions gabonaises qui les avaient ensuite avalisées ? Quid des accords franco-gabonais manifestement violés à cette occasion ?
Chez Plysorol à ce moment, on reste simplement bouche bée face à une procédure dont nul n'avait même connaissance. Plysorol allait-elle devenir une affaire d'Etat ? Seule et unique solution envisagée alors : l'intervention rapide et ferme des autorités françaises.
Se déjuger en trois semaines
Dans le même temps, Plysorol formule une requête en rétractation. Nouvelle surprise au mois d'août. Moins de trois semaines après ce coup de tonnerre, la même chambre de la même cour de cassation a, cette fois, rendu un arrêt annulant purement et simplement le précédent. Dans la première décision, les magistrats étaient étonnamment allés bien au-delà de la requête formulée par Guohua Zhang, permettant donc quelques jours plus tard à la même cour de se déjuger. De quoi souffler du côté de la direction de Plysorol, mais aussi de ses salariés. On retiendra tout de même une volte-face aussi rapide qu'opportun concernant une procédure qui n'aurait de toute façon jamais dû exister. Était-ce pour autant l'ultime estocade de Guohua Zhang ? L'industriel chinois, bien qu'objet de poursuites pénales au Gabon, et d'une procédure initiée par les salariés de Plysorol en France, ne semble pas prêt à baisser les bras.
J.G.-A.
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