Publié le vendredi 27 juillet 2012 à 10H55 - Vu 419 fois
A Magenta, l'activité s'est poursuivie comme si de rien était… ou presque.
EPERNAY-MAGENTA (Marne) L'entreprise Plysorol dispose d'un sursis jusqu'au 26 septembre. A cette date, il faudra trouver un repreneur ou déposer le bilan.
LE tribunal de commerce de Lisieux a ordonné hier, la prolongation de la période d'observation pour le groupe de fabrication de contreplaqué Plysorol, en redressement judiciaire depuis le 7 juin.
Une soixantaine de salariés s'était rassemblée devant le tribunal pour entendre la décision de justice. « Le problème reste entier. Nous sommes loin d'être soulagés », a d'ailleurs déclaré la secrétaire CGT du Comité central d'entreprise, Marie-Christine Malet, à l'issue de l'audience. Des responsables syndicaux loin d'être rassurés par le discours de Me Doutreleau, l'avocat de l'actionnaire Ghassan Bitar. « Ce dernier s'est engagé à apporter les sommes nécessaires au financement de cette période d'observation qui doit s'achever le 26 septembre. »
Ce que conteste Marie-Christine Malet : « Pour la phase 1, Bitar n'a déposé que 200 000 € sur les 500 000 € nécessaires à la continuité de l'activité ». Hier, c'est la somme de 700 000 € que l'ex leader du contreplaqué aurait dû déposer.
Le tribunal a nommé un administrateur judiciaire chargé de lancer l'offre de cession. Plysorol cherche donc un repreneur pour poursuivre l'activité.
La filière gabonaise
Jeudi, certains salariés de Plysorol accusaient ouvertement Ghassan Bitar d'avoir repris Plysorol en 2010, uniquement pour mettre la main sur les droits forestiers que possède l'entreprise au Gabon. Des droits qui portent sur 600 000 hectares et qui, selon un syndicaliste a « une énorme valeur, bien supérieure à l'argent versé par Bitar pour reprendre l'entreprise ».
Me Brun, l'avocat marnais représentant les salariés, a obtenu satisfaction quant à sa demande formulée dès le mois de juin dernier, sur la nomination d'un expert pour faire le point sur la situation réelle de la filière gabonaise.
Le 6 septembre prochain, le tribunal de commerce de Lisieux se réunira à nouveau pour examiner l'avancement du dossier. Durant ce laps de temps, l'actionnaire devra finaliser son plan de continuation qui prévoit la fermeture des sites de Lisieux (70 salariés) et de Fontenay-le-Comte (112 salariés) et le regroupement de l'activité sur l'usine de Magenta.
D'après Marie-Christine Malet, le tribunal étudiera également la possibilité d'un plan de cession à un repreneur pour cette entreprise passée en 2010 dans le giron de Ghassan Bitar, actionnaire majoritaire libanais du groupe John Bitar.
« Le sort des trois sites est lié »
« Le 6 septembre, nous verrons si Bitar sera en mesure, ou non de financer la poursuite de l'activité. Quant à un repreneur, à l'heure actuelle nous n'en connaissons aucun », explique la salariée du site de Magenta. « Aujourd'hui, on est en sursis », confiait, hier la secrétaire du CCE. Et même si le plan de continuation soumis par l'actionnaire préconise le regroupement de l'activité sur l'usine marnaise, Marie-Christine Malet est catégorique : « Le sort des trois sites reste lié ».
Loin de s'éloigner, le spectre d'une liquidation ne fait au contraire que se rapprocher. « Nous allons nous mobiliser, nous battre, pour défendre les emplois et non pas pour un plan social. »
Du côté de Magenta, les salariés ont renoncé à un mouvement de grève et ont décidé, au contraire de poursuivre l'activité. « Il nous reste de la colle. Si nous ne l'utilisons pas avant les vacances qui démarrent ce soir, elle sera perdue », confiait l'un d'entre eux. Difficile de rester optimiste pourtant : « Le manager de crise nommé par Bitar, nous a demandé de ne pas revenir le 27 août, jour de la reprise. On reste à la maison ». Un signe de plus pour Marie-Christine Malet. « Pas question pour Bitar de produire au profit d'un éventuel repreneur… » Pas de chômage technique puisque les salaires seront toujours versés… mais par les assurances.
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Les dernières contributions
goliath08
ARDENNAIS et Fier de l'être
27/07/2012 à 18h25
Si vous ne pouvez garder votre emploi, faites en sorte que ces satanés patrons ne puissent rien tirer du site, la politique de la terre brûlée ça s'appelle !
Antalgique
Dans ma campagne
27/07/2012 à 11h03
Courage à vous, employés, qui allez devoir une fois de plus livré bataille contre cet homme infâme. Si vous passez ici lire ces quelques lignes sachez que d'autres, non salariés de votre entreprise vous soutiennent. Ne lachez rien et au pire, vos confrères des autres sites ont de bonnes idées, si il y à du stock brulez le ! (le stock il va s'en dire)