Publié le mardi 07 février 2012 à 10H32 - Vu 910 fois
A Thillois, les travaux du parking de Castorama sont arrêtés, comme le chantier de construction de Bouygues boulevard de la Paix.
Christian LANTENOIS
(Marne). Le grand froid qui persiste stoppe les chantiers de BTP et a des effets sur les produits des maraîchers et leur prix. Une crèche a dû fermer pour un problème de chauffage, les péniches sont bloquées par la glace, et on croise les doigts pour que le Stade de Reims puisse jouer samedi…
Le BTP attend le dégel / Les chantiers à l’arrêt
Les grues sont immobiles, les gros camions dans les garages. Les pelleteuses sont à l’arrêt sur les chantiers. Le gel paralyse l’activité des travaux publics. Sur le chantier du futur Castorama, seuls les ouvriers qui sont à l’intérieur peuvent bosser. Une entreprise pose quand même le grillage qui entoure le coin des achats extérieurs. Deux ouvriers bien couverts qui doivent supporter une température inférieure à 0 °C, l’après-midi, au soleil.
«Déjà quand c’est négatif, on ne peut plus terrasser, maçonner. Mais là, le sol est gelé entre 40 et 50 cm!» Le matériau prend du volume. On terrasse sur un gros glaçon en fait», explique le président de la Fédération régionale du BTP, Hervé Noël, avant d’ajouter: «Pour les ouvriers, de toute façon, travailler par ces températures, ce n’est pas terrible».
Quand il n’est pas possible de faire des finitions ou de travailler dans les bâtiments, le BTP est donc au chômage technique. «En fait, c’est une caisse d’intempéries qui prend en charge le salaire, une caisse à laquelle cotisent les grandes entreprises.»
Tous les chantiers de surface sont ainsi stoppés. «Quand le sol est gelé sur 5 à 10 cm, on peut encore travailler. Là, c’est trop. Et si ça continue encore quelques jours, cela peut geler jusqu’à 70 cm.» Pas question de reprendre le chantier dès le dégel, annoncé, peut-être, pour la semaine prochaine. «Il y a ensuite les barrières de dégel! Les grandes routes sont hors gel, mais les petites ne supportent pas le passage des camions.»
Pas d’inquiétude toutefois car tous les marchés incluent une période d’intempéries. Quand un chantier doit durer dix-huit mois, il y a forcément une période de quinze jours à un mois d’arrêt programmée. Ce qui explique que, les bonnes années, certains ouvrages sont réalisés plus tôt que prévu, comme le contournement sud de Reims.
«En 2010, nous avions été arrêtés de la mi-novembre jusqu’au 15 janvier environ. Cette année, c’est seulement maintenant que nous devons stopper», reprend le président de la FRBTP.
Circulation arrêtée sur le canal
Une des conséquences du froid, c’est l’arrêt de la circulation sur le canal, pris par la glace. Celui qui passe à Reims, de l’Aisne (Berry-au-Bac) à la Marne (Condé-sur-Marne), est bloqué, comme tous les autres du département d’ailleurs (seule la rivière Marne reste praticable, en aval d’Epernay), et ce, depuis vendredi dernier. Du coup, trois bateaux commerciaux sont actuellement à l’arrêt à hauteur de la Pum à Reims (port Colbert) et un autre à Cormontreuil; en moyenne, le trafic commercial est de l’ordre de quatre bateaux par jour à Reims.
Ce phénomène d’embâcle est récurrent chaque hiver. L’année dernière, cette glaciation était simplement survenue plus tôt, au mois de décembre.
A quand la réouverture des eaux aux péniches? Pas avant mardi prochain selon les prévisions météo.
Profitons-en pour rappeler que ces surfaces gelées, aussi tentantes qu’elles soient pour les enfants, ne sont en aucun cas des patinoires, et qu’il est plus que risqué de s’y aventurer.
A.P.
Chaudière en panne / Une crèche fermée
La crèche d’entreprises l’Anjeux, à Bezannes, a dû fermer, hier matin, à cause d’une panne de chaudière. «Un problème de ventilation», nous explique la directrice. «Il ne faisait que 14 °C dans chaque pièce.»
Impossible dans ces conditions d’accueillir les quarante-six petits qui devaient passer toute la journée à la crèche. «La majorité des parents ont pu se débrouiller, mais quelques-uns ont dû poser une journée de repos, RTT ou vacances.»
Un peu embêtant pour cette crèche privée, qui a ouvert il y a deux ans. «Nous avons beaucoup de fonctionnaires et des salariés d’entreprises des alentours, notamment une de Tinqueux.»
La crèche devrait pouvoir rouvrir ce matin, car la chaudière est bien repartie. Mais comme c’est un chauffage par le sol, c’est un petit plus long que d’autres moyens de chauffage. La directrice avait donc encore un petit doute hier sur la réouverture.
La Ville s’adapte
Les agents municipaux ont, eux aussi, adapté leurs activités aux conditions climatiques. Ainsi, le salage des zones sensibles, comme des pistes cyclables et des trottoirs, est-il une priorité (ce qui explique d’ailleurs pourquoi ils sont d’une étonnante blancheur en ce moment!, NDLR)
Autre exemple significatif: aux espaces verts, l’heure n’est plus à la plantation — il fait bien trop froid. Les agents s’attellent donc au nettoyage et à l’entretien, ramassent les feuilles mortes et débroussaillent.
Et lorsqu’il s’agit de faire disparaître les tags, l’eau chaude tombe aux oubliettes. Place à l’aérogommage qui décape les surfaces par projection de granulats, ou aux solvants tout simplement.
Lé.B.
Pelouse gelée, mais «jouable»
Quid de la pelouse du stade Delaune, et donc du prochain match des Rouge et Blanc à domicile, samedi contre Laval? Eh bien, cette pelouse est gelée, ce qui ne surprendra guère: sur une profondeur de 12 à 13 cm, précise la direction des sports de la Ville. Et au vu des prévisions météo, les températures devant rester négatives, les choses ne devraient pas beaucoup changer d’ici le jour du match.
Cela rend-il pour autant le terrain non praticable? Pas du tout. «Pour le moment, nous n’avons été saisis d’aucune déclaration d’impraticabilité, expliquait hier le président de la ligue de football champardennaise, Jean-Claude Hazeaux, et donc pour nous, le terrain est jouable, et le match pourra avoir lieu.»
Reste à savoir si la Ville maintiendra son feu vert jusqu’au bout ou bien préférera ménager son terrain en vue du match France-Serbie du 31 mai.
A.P.
Ligue de protection des oiseaux / Comment les aider
La Ligue de protection des oiseaux lance un cri d’alarme avec la vague de froid: «Le gel et la neige menacent la survie des oiseaux. L’hiver est la saison la plus meurtrière pour eux, qui résistent moins bien au froid en raison du manque de nourriture et d’accès à l’eau».
La LPO et son réseau d’associations locales demandent au ministère de l’Écologie et aux préfets de départements, seuls responsables des mesures de suspension de la chasse en cas de vague de froid, le déclenchement immédiat des protocoles qui permettent d’alimenter les autorités en données et facilitent la prise de décisions rapides.
Il appartient alors aux préfets de prendre des arrêtés dans leur département, suspendant la chasse par période de dix jours maximum et renouvelable. Ces mesures concernent aussi bien les départements affectés par le froid que les zones refuges où se concentre un grand nombre d’oiseaux.
Même si la chasse aux oiseaux d’eau est fermée depuis le 31 janvier pour la majorité des espèces, le froid violent actuel affecte sensiblement les oiseaux terrestres (grives, pigeons et bécasses des bois) qui restent «chassables» jusqu’au 10 ou 20 février, selon les départements.
La LPO préconise que les particuliers installent des mangeoires hors d’atteinte des prédateurs, «avec des aliments riches en lipides qui leur permettront de reconstituer leurs réserves indispensables pour résister aux longues et froides nuits d’hiver».
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