Publié le mercredi 24 novembre 2010 à 08H53 - Vu 601 fois
Toute l'équipe de la Sanef était sur le pont pour cette ouverture.
REIMS (Marne). La nuit dernière, l'ouverture du contournement s'est déroulée selon les prévisions de la Sanef, même si un automobiliste s'est trompé de péage. Il va falloir s'habituer au complexe système rémois.
«EN fait, on rentre à Reims, chez nous ! » La première voiture à passer le péage d'Ormes après avoir emprunté le contournement, vers 1 h 45 hier, s'était tout simplement… trompée de route ! Ils voulaient prendre le péage de Thillois…
Erreur de débutant ou mauvaise signalisation ? On le saura si les erreurs se multiplient. Mais comme prévu par la Sanef, il y avait peu de trafic pour la nuit de l'ouverture. Celui-ci s'est intensifié après 3 heures, lors de l'ouverture du sens Strasbourg-Paris.
Une nuit calme
A 5 h 30, les nouveaux aménagements autour de Reims étaient tous ouverts et en état de fonctionnement. « C'est assez rare d'ouvrir une section d'autoroute, c'est une grande joie, on est fier », expliquait le maître d'œuvre de cette nuit, Jean-Pierre Ronseaux, chef du département péage.
Tout a commencé à 23 h 30 lundi avec le passage en circuit fermé (avec ticket) entre Montreuil-aux-Lions et Thillois, notamment aux péages de Château-Thierry et Dormans (voir ci-contre).
Au carrefour de Vrigny, il y a eu un petit retard, à cause d'un problème de nacelle pour enlever les scotchs des panneaux. « Il a fallu aussi enlever les bandes orange pour mettre le balisage au sol en blanc », explique Olivier, de la Sanef. « C'était plus long qu'à Taissy car il y a plus de bretelles, et il fallait envoyer les véhicules sur Thillois. »
A 1 h 35, les premiers camions passaient sur le contournement, pour rejoindre Châlons et au-delà, sans péage avant Beaumont (vers Metz), Villefranche (vers Lyon) ou leur sortie.
« Il n'y a eu aucun incident, tout s'est passé en douceur », reprend Jean-Pierre , avec une réserve toutefois en plus de la signalisation : « C'est surprenant et très éblouissant », réagissait le premier automobiliste à passer le péage tout neuf d'Ormes. Et c'est vrai que la signalisation est très claire (entre cartes bancaires, péagiste et passage sans arrêt à 30 km/h, voie ouverte ou fermée) mais très lumineuse la nuit !
« J'suis content », lançait le premier routier à passer par Ormes. Déjà un habitué puisque Serge travaille aux établissements Caillot, tout proche en reprenant l'A26 et les Tondeurs. Mais bien fatigué aussi et pressé de rentrer ! « Ça va éviter les bouchons et nous faire gagner du temps. C'est bien après les travaux. »
Il est passé en « Tis 30 » (voir ci-dessous), sous les yeux de salariés de la Sanef un tantinet inquiets, mais la barrière s'est levée sans souci.
Guillaume FLATET
La grogne non-stop des usagers
Plutôt compliqué de changer les habitudes des usagers. Hier soir, les oreilles des opérateurs ont sifflé. Doux euphémisme.
«JE ne l’ai pas vu, je l’ai loupé et il faut maintenant que je me tape toute la route en sens inverse. Merci » ou encore « Elle est où la sortie 25 ? je n’y comprends rien ». Voilà une petite sélection des réflexions que les agents de la Sanef présents au péage de Champfleury ont pris dans les dents hier soir aux environs de 18 heures.
Si toute la journée, les usagers du contournement ont posé beaucoup de questions mais toujours de manière polie, hier soir, l’ambiance est montée d’un cran pour ceux qui circulaient dans le sens Nord-Sud. Et les choses se sont envenimées.
18 h 02, une berline se stoppe à la barrière de péage. La conductrice venait de la zone Colbert et se dirigeait vers Épernay. Elle est hors d’elle. « Je viens de voir des dizaines de voitures faire marche arrière sur l’autoroute ! J’ai évité de justesse l’accident, c’est n’importe quoi ! » D’ailleurs, elle échange avec le chauffeur qui la suit. Et qui ne peut que confirmer ses dires.
Signalisation insuffisante, changement d’habitude des usagers qui se sont laissés embarquer sur cette autoroute « sans faire attention » ? Les agents de la Sanef présents à Champfleury ont leur idée sur la question bien qu’ils aient du mal à retenir leur étonnement.
Actualisez les GPS !
Frédéric Callé, agent de la Sanef, ainsi que sa collègue devraient d’ailleurs avoir la médaille de la patience. Ou au moins une prime. Devant les coups de gueule de 80 % des automobilistes, ils ont continué leurs œuvres de pédagogie, calmement.
« Je pense que les usagers n’ont surtout pas l’habitude d’emprunter cette route. C’est l’explication principale car la signalisation est assez voyante. Il faudra s’habituer et les choses devraient rentrer dans l’ordre dans les prochains jours. Les gens sont énervés en fin de journée. »
Petit détail à ne pas oublier pour ceux qui emprunteront prochainement le nouveau contournement sud de la cité des sacres et qui ont la chance d’avoir un GPS à bord de leurs bolides, il est impératif de l’actualiser. Enfin pour les automobilistes qui en ont les moyens. Sans cela point de salut puisque le tracé n’existait pas officiellement, il y a encore deux jours.
Et concernant les dizaines d’automobilistes qui effectuaient des marches arrière ou des embardées en pleine autoroute hier soir, le responsable de la sécurité de la Sanef a été prévenu. Cela n’aura pas empêché, pour le premier jour de mise en service, deux accidents aux abords de cet axe flambant neuf (lire par ailleurs).
Thomas DUPRAT
Vérifications
Avant d’ouvrir tout le contournement, la Sanef a vérifié un à un tous les balisages. Avec 50 personnes mobilisées.
Masque
Au péage d’Ormes, la Sanef, à la demande de l’Etat, a été obligée de masquer les inscriptions Réservée télépéage 30 km/h à l’entrée de la voie de péage. « Cela faisait doublon avec les panneaux lumineux en hauteur. »
Test
Le vrai test, ce sera pour les vacances, « dans le sens des retours évidemment. Mais vous savez, quand beaucoup de véhicules arrivent en même temps, vous avez beau prévoir et ouvrir de multiples voies, le bouchon est inévitable ». Jean-Pierre Ronseaux précise qu’à Ormes, les voies sont fixes, et il y en a évidemment bien plus côté retours (pour aller vers l’A26) que côté rentrées sur Reims.
Tis30
Une expression un peu barbare, mais qui signifie tout simplement que la voie est réservée à ceux qui ont le télépéage, et qu’ils peuvent passer sans s’arrêter, à 30 km/h. « C’est la première fois sur Reims pour les poids lourds. Il y a à chaque mois deux mâts de détection. Et avant, d’autres mâts détectent la classe du véhicule (léger ou lourd). Cela permet de faire passer les véhicules par sas, sans que personne n’attende. »
Radar
L’Etat n’a pas perdu de temps : un radar est installé du côté de Reims Sud !
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