Outrages, rébellion, menaces de mort à agents, le procureur de la République durcit le ton

Outrages, rébellion, menaces de mort à agents, le procureur de la République durcit le ton

Publié le samedi 18 septembre 2010 à 10H15 - Vu 629 fois

REIMS (Marne). Malgré des chiffres stables depuis 2008, Fabrice Bélargent a décidé de poursuivre systématiquement les auteurs d'insultes graves faites aux policiers.

BENOÎT A. 39 ans. Outrages à personne dépositaire de l'autorité publique. Rébellion. Un mois de prison ferme. Eddy A. 20 ans. Outrages à personne dépositaire de l'autorité publique. Quatre mois avec sursis et 140 heures de TIG. Les prévenus se succèdent à la barre du tribunal de Reims. L'audience du 6 septembre ne constitue pas une exception. Conséquence directe de la politique de fermeté mise en place par le procureur de la République depuis son arrivée dans la cité des sacres en novembre 2009. « J'ai effectivement décidé d'envoyer systématiquement à l'audience ce type de comportement », confirme Fabrice Bélargent.
Le 23 mai dernier, Eddy A., un Rémois de 20 ans au casier judiciaire déjà bien chargé, à l'haleine qui l'est tout autant, décide d'intervenir lors d'une opération de police dont il est tout à fait étranger. Il s'agit pour les policiers de contrôler deux frères qui s'activent autour d'un scooter. Ivre, l'homme finit par insulter les forces de l'ordre : « Sales flics… Ici, la loi c'est moi ». Au tribunal, le prévenu minimisera son rôle et surtout, il niera les outrages. Un exemple parmi tant d'autres.
Pourtant, paradoxalement, Fabrice Bélargent précise que les infractions de ce type affichent une stabilité depuis trois ans : 159 dossiers en 2008. 149 en 2009 et 69 depuis le début de l'année 2010. « Il n'y a pas d'explosion des chiffres, cela ne constitue pas pour autant une réalité sur le terrain. »
Mettre un frein
Le parquetier tient pourtant à distinguer trois types d'outrages : la personne ivre qui insulte le policier. L'automobiliste agacé qui déchire son PV. Les insultes graves dont les propos sont souvent humiliants et blessants.
C'est sur ces dernières que le procureur a décidé de faire preuve de plus de sévérité. « Un classement sans suite ou simple rappel à la loi constituent une réponse aux deux premiers cas », confie-t-il.
Objectif double pour le procureur de la République : sanctionner ces débordements et être dissuasifs. « Il est vrai que les chiffres se stabilisent mais les prévenus ont tendance à banaliser les outrages. C'est inadmissible ! » Pour le magistrat, il s'agit clairement de mettre un frein à ce type d'infractions. « On se trouve dans un système de dénégations. Dans certains quartiers, par exemple, il s'agit d'instaurer un rapport de force vis-à-vis des policiers. Pour reprendre la main dans ces lieux, la fermeté constitue une réponse ».
Un prévenu a tenté de justifier ses propos insultants : « Les flics ont lâché les chiens sur moi… ». Face aux accusations de violences policières, lancées au hasard des audiences, Fabrice Bélargent est catégorique : « Je ne suis pas présent sur place lors des interpellations, je ne vois pas pourquoi je remettrais en question les propos de policiers assermentés ». Dont acte !
Corinne LANGE

L'union l'Ardennais