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Mourmelon-le-Grand / Pour aider les éleveurs Le camp militaire sera fauché

Publié le mercredi 22 juin 2011 à 11H00 - Vu 176 fois


De gauche à droite : Stephan Poulon, qui a eu l'idée d'utiliser l'herbe du camp, le colonel Duc,  Agnès Person, Jacky Charpentier et le capitaine Garnier.

De gauche à droite : Stephan Poulon, qui a eu l'idée d'utiliser l'herbe du camp, le colonel Duc, Agnès Person, Jacky Charpentier et le capitaine Garnier.


« C'est le remplaçant d'Agnès Person, Stephan Poulon, qui a eu cette idée en voyant une belle herbe pousser dans l'enceinte du camp » raconte Jacky Charpentier, président de la chambre d'agriculture de la Marne. « Agnès Person m'a téléphoné, j'ai dit oui », ajoute-t-il.
La conseillère générale (UMP) du canton de Suippes a fait le lien entre l'armée et les éleveurs. L'idée est simple : les camps militaires, et celui de Mourmelon en particulier, regorgent de fourrages.
Or, les éleveurs sont confrontés aux effets de la sécheresse, qui a rendu le foin rare et cher. Le prix de la tonne de fourrage a littéralement flambé, il oscille actuellement entre 130 et 180 euros en moyenne.
Le ministère de la Défense a rapidement donné son accord pour le fauchage de 160 hectares d'herbe. La chambre d'agriculture prendra à sa charge le coût de la fauche et le pressage du foin.
Une idée originale, immédiatement proposée dans tous les camps militaires du Nord-Est de la France. Même la BA 112 de Reims a décidé de mettre à disposition 80 hectares à faucher.
De quoi aider 30 élevages sur 1 000
Mais cette solidarité spontanée est à replacer dans le contexte actuel. Sur les 1 000 éleveurs que compte le département, à peine 30 recevront le foin fauché à Mourmelon-le-Grand. Une goutte d'eau dans l'immense détresse de la profession.
« La chambre assurera la gestion de la distribution en fonction de critères de priorité » explique Jacky Charpentier. « Si on a du foin, avec cette opération, c'est parce que quelqu'un en a repéré et que nous avons ensuite déclenché un mouvement de solidarité. Mais il manque encore 4 millions de tonnes de fourrage et de paille en France ! » Le secteur est asphyxié.
Le nombre d'animaux envoyés aux abattoirs reste très supérieur à la normale, faute d'alimentation suffisante.
Avant cette nouvelle calamité, les élevages connaissaient déjà une situation très difficile du fait de la chute des prix.
Pour illustrer son propos, le président de la chambre d'agriculture évoque ce couple d'éleveurs rencontré il y a quelques jours. Ils se sont lancés en 1983 dans le département, lorsque le kilo de viande se vendait l'équivalent de 29 euros. Aujourd'hui, le kilo ne dépasse plus 3,30 euros…

Sébastien LAPORTE

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