Publié le jeudi 19 janvier 2012 à 08H57 - Vu 427 fois
« Les universités américaines, tributaires des fonds privés, souhaitent davantage d'implication de l'Etat. »
REIMS (Marne). Le budget de l'Urca, comment ça marche ? Le président Vistelle répond à nos questions.
COMBIEN d'argent ? D'où vient-il et où va-t-il ? Le président de l'Urca, Richard Vistelle, nous présente les grandes lignes de son budget.
l'union : Commençons par donner une idée du volume : à combien se monte votre budget annuel ?
Richard Vistelle : « Pour en rester aux grandes masses, le budget prévisionnel 2012 voté en décembre dernier est équilibré en recettes et dépenses à hauteur de 192 millions d'euros (ndlr : à titre de comparaison, celui de la Ville de Reims se monte à 340 millions environ, celui de l'agglomération à 150 millions). »
Le poids des salaires
D'où vient cet argent, pour la partie recettes ?
« Essentiellement de l'Etat, le reste provient de diverses autres sources secondaires, comme les droits d'inscription (ce que payent les étudiants), pour un montant de 3 millions environ, la taxe d'apprentissage (0,8 million) ou les prestations intellectuelles (0,03 million). »
Et pour la partie dépenses, où va cet argent ?
« L'essentiel est constitué par la masse salariale, de l'ordre de 151 millions ; 34 millions vont au fonctionnement, 5,5 millions à l'investissement. »
Par rapport aux années précédentes, votre budget présente-t-il une évolution particulière ?
« Il est pratiquement stable en fonctionnement d'une année sur l'autre. »
« Les universités américaines veulent plus d'Etat ! »
Et la fameuse loi LRU présentée comme la loi sur l'autonomie des universités, a-t-elle changé beaucoup de choses dans ce domaine ?
La différence la plus notable est que notre budget inclut désormais la masse salariale, ce qui n'était pas le cas avant ; c'est donc à nous qu'il appartient de la gérer. Cela dit, les marges de manœuvre sont assez limitées.
D'ailleurs dans la loi, le mot « autonomie » n'apparaît pas, car il s'agit simplement de responsabilités et compétences élargies des universités. Je rappelle que c'est l'Etat qui définit la masse salariale, le nombre d'emplois, et qui habilite les diplômes ; c'est donc davantage de liberté, mais dans un périmètre restreint. D'ailleurs, est-ce qu'une totale autonomie est à souhaiter ? Non.
Pour exemple les dernières enquêtes montrent que les universités américaines et canadiennes, essentiellement financées par des fonds privés, souhaitent davantage d'implication de l'Etat.
Comme elles sont tributaires des fonds privés, la crise financière les contraint actuellement à bloquer des recrutements ou à fermer des filières…
Revenons-en aux marges de manœuvre. Sont-elles complètement inexistantes ?
« Nous dégageons de l'exercice précédent 4 à 5 millions d'excédent alimentant notre fonds de roulement. Cet argent ne peut être utilisé que pour de l'investissement.
Il appartiendra au conseil d'administration d'en décider l'emploi.
Une partie devrait aller à la réfection des corolles (les amphis-coquilles de Croix-Rouge à Reims, ndlr).
En dehors de notre budget de base, nous disposons d'autres sources de financement : contrats ou conventions avec les collectivités territoriales, contrat de plan Etat-Région (pour la construction de nouveaux bâtiments par exemple), convention avec la Ville de Reims… »
Vous avez parlé de budget équilibré : il n'y a donc pas de déficit contrairement à ce que certaines sources ont pu laisser entendre ?
« Pas de déficit, et il n'y en a jamais eu. Nous n'avons donc pas à craindre la tutelle rectorale en réponse à ce genre de situation. »
Antoine PARDESSUS
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