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Maladie oculaire rare (3/6) / Ils vont tuer le Birdshot

Publié le vendredi 15 juin 2012 à 07H25 - Vu 497 fois


« Il nous faut d'abord tout apprendre de la maladie et ensuite viendront les traitements », explique Jacques Cohen, ici en plein travail avec l'une de ses collaboratrices Laurence Gouilly.

« Il nous faut d'abord tout apprendre de la maladie et ensuite viendront les traitements », explique Jacques Cohen, ici en plein travail avec l'une de ses collaboratrices Laurence Gouilly.


REIMS (Marne). Un travail de fourmi, la recherche contre les maladies immunitaires ou infectieuses. Le professeur Jacques Cohen s'attaque au Birdshot, une maladie oculaire rare.

AU 5e étage du laboratoire central du CHU, Jacques Cohen et son équipe cherchent à mieux comprendre la maladie de Birdshot. « C'est une maladie oculaire rare mais sévère qui peut rendre aveugle. Elle tire son nom d'un jeu de mot en anglais. Birdshot signifie à la fois « caca d'oiseau » et « tir au petit plomb », ceci car l'aspect du fond de l'œil montre de petites tâches », explique le professeur en immunologie.

Des populations immunisées

Tout le monde n'est pas susceptible de développer cette maladie. « On ne la rencontre que chez les gens qui ont, sur leur carte génétique, un certain antigène HLA dit A29. » Environ 8 % des gens possèdent ce A29 mais parmi eux, fort heureusement, tous n'auront pas la maladie, qui n'en frappera que moins d'un pour mille. Reste à savoir pourquoi. « Non seulement tout le monde ne l'attrape pas mais certaines populations semblent immunisées. Nous avons constaté que les populations asiatiques, pourtant porteuses de cet A29, n'étaient jamais atteintes du Birdshot. On se demande s'ils sont protégés par un autre gène que les Européens ne possèdent pas. Il nous faut alors trouver lequel. »

Trouver de l'argent

En parallèle, Jacques Cohen cherche pourquoi l'A29 provoque une susceptibilité à cette maladie et aussi quel est le facteur déclenchant de l'affection. Une récente découverte pourrait lui permettre une avancée notable : « Nous venons de trouver, dans une même famille, deux cas de Birdshot. Il s'agit d'un papa et de sa fille. Nous cherchons actuellement de l'argent pour pouvoir décortiquer leurs génomes. Quels sont les points communs entre les deux malades ? Quels sont leurs différences génétiques avec les frères et sœurs qui ne sont pas malades ? » C'est en découvrant ces petites nuances que, petit à petit, on finira par tout savoir sur le Birdshot. Ces connaissances mèneront vers de meilleurs traitements, voire même vers un moyen d'empêcher définitivement cette maladie de se déclarer.
Plus de 200 malades, dont un Rémois, collaborent à ce programme de recherche. « Nous travaillons en collaboration avec le professeur Brezin à l'hôpital Cochin qui se charge de la partie clinique pendant que nous menons la recherche fondamentale. Nous coopérons également avec une équipe de Los Angeles. » Il s'agit de la plus grosse expérience mondiale sur le sujet.

Catherine FREY

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