Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 109 fois
« Les enfants palestiniens ont été utilisés à des fins de propagande. Aujourd'hui, ils en gardent des séquelles. »
Psychanalyste mandaté par l'Unesco, I.-B. Feldman étudie le traumatisme des enfants au Proche-Orient. Aussi bien israéliens que palestiniens.
IL sera question des enfants, mardi soir, lors de la prochaine conférence organisée conjointement par l'université et l'association France-Israël Reims. Israël-Bernard Feldman, psychanalyste et enseignant pour le compte de l'Unesco aux universités de Tel-Aviv et de Paris V, viendra évoquer le traumatisme des enfants israéliens et palestiniens. Des histoires d'enfances bousculées, sacrifiées et aussi instrumentalisées.
Qui sont ces enfants dont vous vous occupez ?
« Il s'agit autant d'enfants juifs que d'enfants arabes qui ont grandi en Israël ou dans les territoires. Nous menons une enquête à leur sujet depuis 2002 pour voir les dommages causés par la seconde intifada (qui a commencé en 2000). Pas moins de 1 300 enfants sont concernés. Ils avaient entre 13 et 15 ans à l'époque. »
Stress post-traumatique
Qu'est-ce qui ressort de l'étude ?
« Nous constatons beaucoup de stress post-traumatique. Les enfants arabes sont davantage touchés. Ils présentent 50 % de symptômes, contre 30 % pour les jeunes juifs qui vivent dans les enclaves. Lors de cette intifada, les petits Palestiniens ont été utilisés à des fins de propagande. Placer un enfant devant un char faisait partie de cette propagande. Les adolescents se sont pris pour des héros. Ensuite, la lutte contre Israël a changé de nature et ils se sont retrouvés comme des enfants honteux. Aujourd'hui, on se retrouve avec une génération de jeunes adultes qui portent en eux une grande agressivité. Vont-ils se révolter ? Vont-ils sombrer dans la délinquance ? C'est une inconnue. »
Quel message voulez-vous faire passer au travers de votre conférence ?
« Je veux montrer qu'effectivement, les Palestiniens sont malheureux mais, aussi, que ce n'est pas une raison pour s'en prendre aux juifs. On ne doit pas penser qu'il y a, d'un côté, les pauvres gens et de l'autre, les oppresseurs. Il faut tenir compte des souffrances des deux côtés. Je vais aussi expliquer que les gens réagissent par rapport à ce qu'ils ressentent et non par rapport au réel. »
C.F.
Conférence à 18 h 30 à la Villa Douce, 9, boulevard de la Paix. Entrée libre mais obligation de s'inscrire au 03.26.91.84.15 ou à magalie.ninin@univ-reims.fr
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