L'ombre d'un réseau mafieux plane sur les voleurs de bijoux

L'ombre d'un réseau mafieux plane sur les voleurs de bijoux

Publié le vendredi 30 novembre 2012 à 09H05 - Vu 601 fois

MARNE. Les trois cambrioleurs albanais interpellés mardi soir après deux vols de bijoux ont été condamnés hier à dix mois de prison ferme.

Ils sont partis en prison sans rien révéler de leurs secrets. Comment sont-ils arrivés en France ? Où dorment-ils ? De quoi vivent-ils ? Qui leur a donné la voiture ?

À toutes ces questions et bien d'autres, les trois Albanais interpellés mardi soir après deux vols de bijoux à Livry-Louvercy et aux Petites-Loges ont répondu par de vagues allégations invérifiables. Sans doute en va-t-il de leur sécurité, tant l'ombre d'un réseau mafieux plane sur les agissements du trio. Les balances, dans ces milieux-là, on n'aime pas.

À les écouter, Vasjan Borici, 20 ans, Stiven Hima, 24 ans, et son cousin Klévis, 19 ans, ont débarqué en France il y a un mois, les deux premiers pour « trouver un travail », le troisième en tant que « touriste ». Ils logeraient dans un hôtel de la région parisienne, mais ne savent plus où. Mardi, ils ont pris l'A4 et déclarent être sortis « par hasard » dans la Marne. Klévis était au volant. Lui seul a reconnu qu'ils avaient quitté Paris avec l'intention de « chercher des bijoux et de l'argent ».

La Cadillac de Bourvil

En fin d'après-midi, une première maison est cambriolée aux Petites-Loges, rue des Sorbiers. Klévis fait le guet pendant que Vasjan et Stiven fracturent une fenêtre avec un tournevis. Ils ressortent avec bijoux et louis d'or. Direction Livry-Louvercy, rue Henri-Guillaumet, où une seconde habitation est cambriolée selon le même opératoire. Butin : des bijoux en or.

Un troisième casse aurait probablement suivi à Vaudemange, mais ils sont mis en fuite par un riverain qui relève le numéro de l'auto. Un plan est activé. A 20 h 10, le trio est intercepté à Tours-sur-Marne par une patrouille de la compagnie d'Epernay. Une centaine de bijoux sont découverts dans le véhicule, certains cachés dans une chaussette dissimulée à l'intérieur du moteur. Il y a le butin des Petites-Loges et de Livry-Louvercy, mais aussi de nombreux autres colliers, bracelets, bagues ou montres provenant de victimes non identifiées. Pour ceux-là, les Albanais se déclarent innocents. La voiture leur aurait été prêtée la veille par un compatriote. Ils l'auraient récupérée sans savoir qu'elle était farcie de bijoux, comme la Cadillac de Bourvil dans le Corniaud. Il s'agit d'une Seat Cordoba qui appartient à un Albanais originaire de la même ville qu'eux. Les gendarmes y saisissent le tournevis ainsi qu'une massette.

La fouille des suspects révèle également des surprises : 910 € sur Klévis, 645 € sur Vasjan. Des sommes considérables au regard du salaire moyen en Albanie : 300 €. Argent volé ou fonds de roulement remis à l'équipe pour se nourrir, se loger, payer le carburant ?

Des billets plein les poches

Le scénario qui transpire du dossier est classique de la délinquance des pays de l'Est : celui d'un réseau mafieux qui s'occupe d'acheminer en France des petites mains, les rétribue, leur fournit tout le nécessaire pour commettre les vols puis récupère le butin écoulé dans des filières de recel.

De tout cela, les trois Albanais n'ont pipé mot lors de leur procès hier en comparution immédiate. Malgré des casiers judiciaires vierges, le tribunal correctionnel de Reims les a condamnés chacun à dix mois de prison ferme et trois ans d'interdiction du territoire français. L'argent est confisqué, ainsi que la Seat Cordoba. Elle voyageait beaucoup ces derniers temps. Sa présence a été signalée sur les autoroutes de Seine-et-Marne, des Yvelines, du Val-de-Marne et de Seine-Maritime.

 

L'union l'Ardennais