Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Les profs grognent devant le rectorat à Reims

Publié le vendredi 11 février 2011 à 10H23 - Vu 344 fois


Cimetière symbolique : une silhouette noire par poste supprimé dans l'académie.

Cimetière symbolique : une silhouette noire par poste supprimé dans l'académie.


REIMS (marne) L'appel à la grève a surtout été suivi dans les collèges avec un taux de 30 %. A Reims un « cimetière scolaire » a été installé devant  le rectorat.

HIER après-midi, les plates-bandes du rectorat à Reims sont devenues un cimetière. Cimetière scolaire symbolique, peuplé de feuilles blanches illustrées chacune d'une silhouette noire : 363 exactement, autant que de postes supprimés dans l'académie selon les calculs des syndicats au vu des dotations horaires annoncées pour la rentrée prochaine.


Au taquet !
La mise en place de cette fosse commune originale constituait l'une des « animations » imaginées par les profs en colère à l'occasion d'un rassemblement protestataire, auquel appelaient les syndicats FSU, CGT et SGEN-CFDT. L'appel a été largement entendu : pendant une bonne partie de l'après-midi ils étaient hier entre 200 (selon la police) et 400 (selon les organisateurs et selon notre propre estimation également) à piétiner sur le parvis du rectorat aux abords du cimetière symbole, agitant leurs drapeaux, déployant leurs banderoles, scandant leurs slogans, et se racontant mutuellement leurs malheurs.
Malheurs bien réels si l'on en croit Patrick Sarrazin, cosecrétaire académique du Snes (syndicat de l'enseignement secondaire) : selon lui, cela fait un bail, dix ou quinze ans, que l'on n'avait pas vu pareille mobilisation chez les enseignants !


Eviter le régime grec
« Les collègues sont au taquet, à la limite de la rupture, affirme-t-il ; maintenant toutes les classes de seconde sont paramétrées à 36 élèves, on ne pourra plus enseigner normalement. » Le syndicaliste poursuit, évoquant « un total de 1 700 emplois supprimés en six ans sur l'académie, dans le personnel enseignant des 1er et 2nd degrés, plus une cinquantaine de personnels administratifs, le plus gros plan social de toute la région ! »
Le recteur Steyer n'a pas forcément tous ces chiffres en tête, en revanche ce qu'il a bien c'est que « par rapport à d'autres, notre académie est un peu surdotée » ; c'est un des arguments qu'il a exposés à la délégation des protestataires, qu'il a reçue pendant une heure, évoquant aussi le contexte « économique catastrophique en Europe, qui oblige à prendre des mesures si l'on ne veut pas finir comme la Grèce ou l'Espagne… »
Voit-il une solution ou un palliatif aux suppressions de postes inévitables à ses yeux ? « Développer le travail des établissements en réseau plutôt qu'en concurrence… » Pas sûr que cette recette suffise à modérer les ardeurs revendicatives des collègues de M.Sarrazin. Ils ont déjà commencé à réserver leurs places dans les cars qui doivent les conduire à Paris le 19 mars pour une manif nationale cette fois. En espérant que cela pourra contribuer à vider leur cimetière… ou au moins à éviter qu'il ne continue à se remplir.

Antoine PARDESSUS
Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


Alain Schydlowsky

Chàlons-en-Champagne

11/02/2011 à 23h11

C'est exact,l'Enseignement fait partie des professions que nous,Citoyens ont le devoir absolu d'écouter et de défendre ,les suppressions de postes ne concernent pas que cette corporation fondamentale souvent en proie à la violence de surcroit ,l'ensemble de la Fonction menacée ,professionnels de santé ,Police ,Magistrats ,Education Nationale doit se solidariser,car il faut bien avoir à l'esprit que l'objectif de nos instances présidentielles et législatives est l'affaiblissement dans les faits de ces corporations vitales pour la France d'ou la nécessité de soutenir un Etat Fort dans la solidarité.

BARIS Dominique

CHÂLONS-en-CHAMPAGNE

11/02/2011 à 21h00

Les enseignants manifestent!
On se croirait à un retour au évènements de Mai-Juin 1968,mais avec une belle diférence:les Magistrats,qu'ils soient Juges ou Procureurs,devant le manque d'effectifs dont ils souffrent,font leur grève à eux en reportant les affaires non urgentes,ce qu ne fut jamais vu jusqu'à présent,surtout pas en 1968,puisqu'à l'époque,les Juges eurent à juger en comparution immédiate des manifestants ayant commis des actes de dégradation ou de vandalisme,rt je crois que la justice travaillait avec les forces de l'ordre(policiers,gendarmes et C.R.S!
Qu'est-ce que les temps ont bien cahangés!

ducoup51

11/02/2011 à 14h21 | 1

"développer le travail des établissements en réseau" cela veut dire : on répartit les élèves entre établissements pour supprimer des classes et en surcharger d'autres et d'autre part cela veut dire mettre un enseignant en Science et vie de la terre (par exemple) sur plusieurs collèges... etc...

La crise économique a bon dos... De quoi faire plaisir aux écoles privées légion à Reims !

odettemadeleine

11/02/2011 à 13h04

Les magistrats "grognent", les professeurs " grognent"...
1ère définition tirée du dictionnaire Robert des collèges :
" cochon, sanglier, ours; pousser un cri. Exemple chien qui grogne " et au-dessus "un cochon grogne"...
Pourriez vous, messieux et mesdames les journalistes, faire un petit effort et ne pas tous utiliser le même mot.
" Ils manifestent leur mécontentement, leur insatisfaction, leur frustration...." mais vs avez (peut- être) de l'imagination et vs êtes passionnés par vos sujets alors vous pouvez trouver mieux !

Sombre veilleur

11/02/2011 à 12h59

Aucun respect pour ceux qui font la sieste.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952