Publié le dimanche 14 octobre 2012 à 09H55 - Vu 635 fois
La plateforme offerte par la SNCF va faciliter le travail des gendarmes en leur permettant de se déplacer avec sur les voies.
MARNE. C'est une première en France. La SNCF vient d'offrir aux gendarmes de la Marne un appareil destiné à faciliter leur déplacement sur les voies en cas d'enquête après accident ferroviaire.
Il s'agit d'un euphémisme connu de tous les usagers de la SNCF : « accident de personne », façon commode d'évoquer ces vies anéanties par un train quand il faut annoncer aux voyageurs une interruption du trafic ferroviaire.
En 2011, 493 « accidents de personne » ont été recensés sur l'ensemble du réseau ferré national, des suicides pour leur grande majorité. Il y en a eu huit en Champagne-Ardenne, mais déjà seize au 31 août de cette année.
Tentation dangereuse
Les « accidents de personne » entraînent un temps moyen d'interruption du réseau de 2 h 20. « Il nous est impossible de maîtriser le nombre de cas. En revanche, nous pouvons en maîtriser les conséquences en essayant de rétablir au plus vite la circulation du trafic. »
Point de cynisme commercial dans les propos du directeur régional SNCF Champagne-Ardenne. La principale préoccupation de Patrick Auvrèle est ailleurs.
« Au-delà du drame humain, notre souci est d'éviter des victimes supplémentaires par suraccident. Quand nous arrêtons la circulation, nous nous retrouvons avec des centaines, voire des milliers de voyageurs en attente dans nos trains. Comme ils sont bloqués bien avant l'accident, ils ne voient rien d'anormal. Ils ont du mal à comprendre pourquoi l'attente se prolonge, et plus celle-ci devient importante, plus grande est la tentation des clients de descendre. Les protocoles de sécurité nous interdisent de les enfermer dans les trains. A tout moment, un voyageur peut déverrouiller la porte. Et s'il y en a un qui descend, c'est dix, puis cent. Je me souviens de situations en région parisienne où nous étions dans l'impossibilité de reprendre le trafic, tellement il y avait de personnes dispersées sur les voies. »
La reprise du trafic dépend cependant de la durée d'intervention des services d'enquête, d'où un nouvel équipement offert cette semaine par la SNCF aux « techniciens en investigations criminelles » (TIC) du groupement de gendarmerie de la Marne : une plate-forme en aluminium destinée à faciliter le travail des gendarmes en leur permettant de rouler avec sur les voies.
Travail pénible
« Nos TIC interviennent toujours en cas d'accident de personne, car il faut s'assurer que la personne décédée est bien celle que nous pensons », explique le colonel Laurent Vidal, commandant du groupement de gendarmerie de la Marne.
« Ils procèdent aux constatations nécessaires, notamment en relevant les empreintes, mais les zones qu'ils doivent ratisser sont parfois longues de plus d'un kilomètre. Il faut marcher sur le ballast, ce qui est pénible ; transporter le matériel ; s'éclairer quand il fait nuit. Grâce à cet équipement, nous allons pouvoir procéder à nos constatations plus rapidement. Nous n'aurons plus besoin d'une nuée de sherpas pour acheminer et déplacer le matériel à dos d'homme. »
Facile à manier, d'un poids de 35 kilos mais capable de supporter une charge d'une tonne, ce « lorry portatif » est le premier du genre que la SNCF offre à des gendarmes. La Marne sert donc de département pilote. « Nous espérons quand même l'utiliser le plus tard possible. »
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