Publié le jeudi 02 juin 2011 à 10H02 - Vu 3408 fois
Hier après-midi, les étudiants ont bu le champagne, non pour fêter la fin de leur examen national, mais pour « noyer leur chagrin ».
REIMS (Marne). Pour cause de fraude, une épreuve de l'examen de 6e année a été annulée. Du coup, 1 200 étudiants en médecine se retrouvaient dans une grande incertitude hier au parc des expos de Reims.
REIMS (Marne). Pour cause de fraude, une épreuve de l'examen de 6e année a été annulée. Du coup, 1 200 étudiants en médecine se retrouvaient dans une grande incertitude hier au parc des expos de Reims.
HIER après-midi, les étudiants en médecine de 6e année qui planchaient au parc des expos de Reims ont reçu un mauvais coup de massue : une des épreuves de leur examen national classant (ENC), décisif pour la suite de toute leur carrière, a dû être annulée. Du coup, ils se retrouvaient dans une grande autant que désagréable incertitude : « Combien d'épreuves allons-nous devoir repasser ? s'interrogeait ainsi Maxime, venu de Strasbourg : Une, dix, ou… zéro ? Et quand ? Pas évident quand on n'habite pas sur place, et en plus qu'on a déjà programmé soit un stage pratique, soit ses vacances… »
Coquilles dans l'énoncé
Reims accueillait en effet cette année tous les candidats carabins du grand Est pour cette épreuve nationale, soit ceux des facultés de Nancy, Besançon, Strasbourg et Dijon, sans oublier Reims elle-même, ce qui représentait un total d'environ 1 200. Cet examen national avait débuté lundi après-midi, les candidats avaient déjà subi neuf épreuves, des études de cas cliniques, et tout s'était bien passé. Restait la dernière épreuve, la LCA ou lecture critique d'article. Elle devait avoir lieu hier matin. Or, « il y avait plusieurs coquilles dans l'énoncé, témoigne Maxime : un point d'interrogation à la fin d'une phrase affirmative, une ligne trop haute dans un tableau, une erreur de chiffre sur une valeur… » Le temps que ces erreurs soient repérées et discutées au niveau du système de visio-contrôle national de l'examen à Paris (car tous les étudiants de France subissent la même épreuve en même temps dans un souci d'égalité des chances) et la décision tombe, à midi moins trois, soit trois minutes avant la fin officielle du pensum : cette LCA est annulée ! Les carabins avaient donc déjà travaillé toute une matinée pour rien…
Fraude
Heureusement, il reste l'après-midi, qui était justement « gardée sous le coude » pour accueillir un éventuel rattrapage d'épreuve annulée. Les concurrents se retrouvent donc à 14 heures au parc des expos pour une nouvelle LCA. « A 14 heures, reprend notre jeune interlocuteur, on nous annonce qu'il y a un souci d'impression d'une feuille à Marseille, on ne peut donc pas démarrer l'épreuve ; un quart d'heure plus tard, on nous dit qu'il faut encore patienter ; et ainsi de suite de quart d'heure en quart d'heure, le début de l'épreuve est reporté. » Finalement l'épreuve n'aura jamais lieu : à 15 heures, on informe que cette deuxième LCA est annulée à son tour, pour cause de fraude (à Toulouse croit savoir le doyen Motte de la fac de médecine rémoise).
Là, plus de « roue de secours » : la situation devient alors beaucoup moins drôle pour la plupart des candidats. « Pour eux, c'est une catastrophe ! commente le doyen. Ils ont tellement investi en temps, et même parfois en argent, pour passer cette épreuve ! »
Car que vont décider les hautes instances (le centre national de gestion et le centre national du concours d'internat) ? Ne pas faire une troisième tentative de LCA et s'en tenir aux neuf épreuves déjà réalisées pour établir le classement national ? Le doyen rémois doute de la légalité d'une telle disposition : « Je crains que dans ce cas il n'y ait des recours. » Faire repasser l'ensemble des dix épreuves ? Ce serait l'horreur pour nombre de candidats qui avaient programmé la suite de leurs activités en prenant pour hypothèse la fin de l'ENC hier après-midi. « Moi, j'ai prévu un stage au Mexique ! » témoigne ainsi Sylvia, épouvantée à l'idée de devoir décaler ses dates, modifier ses billets d'avion et tout ce qui s'ensuit. Un moyen terme serait de ne faire repasser que l'épreuve défaillante, la LCA. « Lors de la conférence des doyens qui est prévue mardi 7 juin, je plaiderai pour la solution la plus simple et la moins onéreuse, affirme le doyen Motte : ne faire repasser qu'une seule épreuve, et dans chaque ville. » Sera-t-il entendu ?
Antoine PARDESSUS
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez