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Les chambres d'hôtes tirent leur épingle du jeu

Publié le samedi 27 août 2011 à 10H31 - Vu 161 fois


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La table d'hôtes est un atout non négligeable pour les hébergements chez l'habitant en Argonne.

La table d'hôtes est un atout non négligeable pour les hébergements chez l'habitant en Argonne.


SAINTE-MÉNEHOULD (Marne). Malgré une météo capricieuse, la saison estivale en Argonne n'a pas été catastrophique. Notamment pour les chambres d'hôtes qui ont plutôt carburé en juillet et surtout en août.

«CETTE année, j'ai même refusé du monde ce qui ne m'était pas arrivé depuis un moment ! ». Aux Charmontois, Nicole Patizel a le sourire. Après deux années de fréquentation en baisse, ses chambres d'hôtes ont fait le plein cet été. « J'ai eu une baisse car je ne faisais plus la table d'hôtes. Mais cette année, il y a eu pas mal de passage et beaucoup d'habitués ».
Même écho chez Martine Depaepe à Dampierre-le-Château : « Il y a eu énormément de monde et nous avons beaucoup refusé ! ». Certes, l'Argonne n'est pas la Cote d'Azur et les touristes ne s'y comptent pas par dizaine de milliers. Mais enfin les flux existent et ne se limitent pas toujours à la clientèle de passage. « Nous avons des gens qui restent une semaine, dix jours. Ce sont souvent des Belges ou des gens qui viennent du sud et veulent échapper à l'affluence chez eux ! », indique l'hôtesse de Dampierre-le-Château.

Tourisme de proximité

A La Vignette, Marie-Jeanne Christiaens se réjouit d'avoir mieux loué ses gîtes cette année. « D'ordinaire, ce sont les chambres qui se louent le mieux, mais là nous avons eu des gens qui restaient à la semaine car ils venaient travailler dans le secteur. Et nous avons aussi constaté que les gens restaient plutôt trois nuits en chambre pour avoir le temps de visiter la région. » Autre élément : la villa Les Roses, qui accueille beaucoup d'étrangers a, cette année, reçu beaucoup de Français. Dans son cas, ils étaient souvent venus pour participer à des cérémonies familiales.
Mais à Braux-Saint-Rémy, Céline Martin-Prin, a une autre explication : « Grâce à notre présence sur le salon Destination Marne, nous avons attiré des gens de Reims et d'Epernay. « Les Aneries, qui fêteront leur première année d'ouverture en septembre prochain, misent d'ailleurs sur ce tourisme de proximité. « Nous, quand nous allons à Reims chez des amis, nous n'hésitons pas à rester deux jours pour visiter. Pourquoi cela ne se ferait pas dans l'autre sens ? » lance Céline Martin-Prin.
Chez les Depaepe, les touristes de l'Hexagone sont également nombreux. « Il faut dire que nous travaillons avec les coffrets cadeaux. Nous faisons cela depuis trois ans et ça a vraiment boosté notre activité !, souligne Martine Depaepe. Cela nous permet de travailler toute l'année. »
Aux Charmontois, question provenance, c'est plutôt 50/50. Moitié les Français et moitié les étrangers, en particuliers les Belges, bien sûr, mais aussi les Anglais, les Allemands et les Néerlandais. Ce qu'ils apprécient en Argonne ? « Faire des promenades tranquilles et observer la nature », affirme Nicole Patizel. « Nous avons un couple qui est resté une semaine, explique Céline Matin-Prin, et qui nous a dit qu'il était très surpris de découvrir qu'en Argonne ils pouvaient avoir vue sur les champs et, à 5 km, se retrouver en forêt. »
 

Base de départ vers le vignoble

Bien souvent, le logement en Argonne constitue une base de départ pour aller d'un côté visiter les sites de guerre de l'autre découvrir le vignoble champenois. Une base peu onéreuse car les prix pratiqués y sont en effet très raisonnables : entre 45 et 60 euros la nuit pour deux personnes et autour de 85 euros pour une chambre familiale. Cette base est d'autant plus recherchée lorsqu'il est possible de dîner sur place. Il y a trois ans, Nicole Patizel a dû se résoudre à arrêter cette partie de l'activité, trop lourde à porter. Mais elle conçoit que les touristes, une fois arrivés chez elle, aux Charmontois, ont un peu de mal à reprendre la voiture pour aller dîner au resto. Alors elle prête le barbecue voire la cuisine. Et se remet aux fourneaux les jours de semaine à la mauvaise saison. « Je passe à l'heure d'hiver ! Quand les gens arrivent vers 17 heures et qu'il fait nuit, ils n'ont vraiment pas envie de ressortir ! »
Si ce type d'hébergement confirme année après année son succès, en vivre s'avère difficile. « On ne gagne pas un salaire avec les chambres d'hôtes », confie Céline Martin-Prin. Les époux Depaepe ont tous deux d'autres sources de revenus en plus. Mais cette activité d'hébergement, commencée depuis huit ans en Argonne, ils n'ont pas l'intention de la lâcher : « C'est beaucoup de travail mais quand on est autour de la table avec les gens, on est récompensé ! C'est très enrichissant le rapport avec les autres. »
Stéphanie VERGER

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