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L'entretien du jeudi / Jacques Laurent VRP du sport

Publié le jeudi 09 février 2012 à 11H51 - Vu 106 fois


Parmi ses meilleurs souvenirs, Jacques Laurent est « très fier du titre régional décroché avec les gamins du Ruc ».

Parmi ses meilleurs souvenirs, Jacques Laurent est « très fier du titre régional décroché avec les gamins du Ruc ».


(Marne). Jacques Laurent a visité de nombreuses disciplines. Aujourd'hui, il quitte la présidence de la ligue régionale de basket-ball pour mieux se consacrer aux associations rémoises.

A croire que la sphère du basket était trop étriquée pour lui. A croire aussi qu'il avait besoin d'explorer les mondes, le maximum de mondes, du sport français. A croire enfin qu'il avait besoin de croquer dans la grosse balle orange à pleines dents. Dans d'autres disciplines aussi. Jusqu'à plus faim.
A bientôt 69 ans (il les aura le 23 avril), Jacques Laurent a assouvi toutes ses passions. Dans le basket-ball, il a tenu le sifflet, il a entraîné les gamins de l'Olympique rémois, coaché les Universitaires du Ruc ou encore endossé les costumes de dirigeant régional, fédéral…
Au sein des différentes instances des Offices des sports, il a également découvert toutes les facettes de l'institution. Dans sa vie professionnelle - il est instituteur de formation -, il a occupé les fonctions de surveillant, de responsable départemental de l'Ufolep ainsi que celle d'enseignant à Reims : Barthou puis Gerbault, Condorcet (Maison-Blanche) comme directeur et enfin de conseiller pédagogique.
Le tableau ne serait pas complet s'il n'y avait ajouté une touche de responsabilité citoyenne comme conseiller municipal (95 à 2001), président du Crij (centre régional d'information jeunesse) ou encore « multisports » avec le Cros (comité régional olympique sportif). Aujourd'hui, Jacques Laurent a décidé de démissionner de la présidence de la ligue de basket de Champagne-Ardenne pour mieux se consacrer à celle de l'Office des sports de Reims.

«Passassion en douceur»

Jacques, comment êtes-vous arrivé dans le monde du basket ?
« Je n'ai fait que suivre la tradition familiale. Mon père, ma mère, mon oncle, des cousins de mon père pratiquaient dans le club des « Bleus de Bar-le-Duc » où a commencé un certain Jean-Paul Beugnot. Quand j'avais cinq ou six ans, il m'a fait sauter sur ses genoux.
J'ai continué au collège mais ensuite, à l'école normale, j'ai pratiqué le hand car il n'y avait pas de basket. Et j'ai subi un grave accident au genou alors que j'avais 19 ans. Je me suis tourné vers l'arbitrage. »

Le sifflet vous a offert une belle carrière…
« J'ai arbitré au plus haut niveau français. A mon époque, on parlait de niveau fédéral, l'équivalent de la Pro A. J'ai sifflé les Vérove à Berck, Challans, Antibes, Limoges, Orthez de la grande époque. J'ai dirigé également plusieurs finales du championnat féminin avec le CUC (Clermont Université Club) de Jackie Chazalon, Elisabeth Riffiod (la maman de Boris Diaw), Colette Passemard. En 1962, je suis devenu président de la commission départementale de la Meuse. Puis, cela a été la ligue de Lorraine… »

A votre arrivée à Reims pour raisons professionnelles, votre réputation n'a pas laissé les dirigeants insensibles…
« Les Champenois m'ont tout de suite sauté dessus. A la ligue, en 1970, ils étaient tous démissionnaires. Jean Armand, le président me dit : Présentez-vous. Une fois élu avec le plus grand nombre de voix, il me demande : Trésorier ou secrétaire ? J'ai choisi la trésorerie qui me paraissait offrir plus de liberté dans mon implication. Ensuite, cela s'est enchaîné avec la présidence du comité départemental (73 à 82), une mission technique nationale, la présidence de la commission fédérale médicale, l'accompagnement de sélections de jeunes aux championnats d'Europe, responsable de la zone est. »

Depuis 1970, jusqu'à aujourd'hui, vous avez toujours participé à la vie de la ligue ?
« J'ai ouvert une parenthèse au moment de la création du RCB. J'ai été vice-président chargé de la section amateur. J'ai fait partie des négociations entre l'Olympique rémois et le Stade de Reims. Mes relations fédérales - j'ai été directeur adjoint du jamboréé de Toulouse, le regroupement des meilleurs poussins pendant 17 ans - m'ont permis d'avoir un beau carnet d'adresse. J'ai pu ainsi contacter Jean Degros pour qu'il devienne le premier entraîneur du RCB. »

Quand on est aussi actif dans sa région, on est inévitablement sollicité au niveau de la fédération…
« On me confiait déjà quelques missions. En 2000, Ivan Mainini, le président de la FFBB me demande : Que fais-tu à Pâques ? Il voulait que j'accompagne la sélection de jeunes à Mannheim. C'était la génération Parker, Diaw, Turiaf. Cette équipe, et moi avec, allait devenir championne d'Europe des U18. Mainini m'a ensuite incité à me présenter à la Fédé. »

Une étape de plus ?
« J'ai reçu une gamelle. Je me suis représenté en 2004. Là, j'ai été élu, j'ai présidé la commission des finances. Puis en 2008, cela a été une veste. »

L'Office des sports dans tout cela ?
« J'étais membre de l'OMS de Bar-le-Duc en 62. Après quatre ans à Reims, j'ai intégré l'équipe du président Georges Hiltgen en 74. Je ne l'ai pas quitté depuis. J'ai pris la présidence au décès de Bernard Lavergne. Il y a eu aussi la fédération des offices des sports, la participation comme membre du jury itinérant au challenge de la ville la plus sportive de L'Equipe. »

Vous avez décidé de démissionner de vos responsabilités de président du basket champardennais pour vous consacrer à l'office des sports…
« J'avais prévenu lors de ma dernière élection que je n'irai pas plus loin. L'indifférence de la Fédé ces temps derniers et une certaine lassitude ont fait avancer la date de mon arrêt. Le 15 février, je ne serai plus président de la Ligue. La passation se fera en douceur. Je serai toujours présent sur certains dossiers. »

Si on vous demande de vous retourner et de nous dévoiler trois de vos meilleurs souvenirs…
« Le premier titre universitaire à Toulouse avec le Ruc des Robert, Guiot, Larcher, Faupin, Blocqueaux, Stuntz ; l'aventure des U18 de la génération Parker ; le titre de champion de Champagne avec les gamins du Ruc dont Paul Paillotin (entraîneur de Cormontreuil) qui avaient commencé avec moi dans une cour d'école. »
Propos recueillis par Yves DOGUÉ

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