Publié le mardi 16 octobre 2012 à 09H47 - Vu 163 fois
RESSOURCES HUMAINES. Le groupement d'employeurs « Idées » veut se développer.
Il y a parfois des solutions qui arrangent tout le monde. Le « temps partagé » en fait partie. Il permet à plusieurs entreprises de se partager un même salarié que chacune, prise individuellement, n'aurait pas les moyens de recruter à plein-temps. « Le salarié peut bénéficier d'une sécurité de l'emploi tout en offrant une certaine flexibilité à l'entreprise », souligne Josette Mayeur. Cette ex-dirigeante d'une entreprise rémoise de sous-traitance pharmaceutique, préside l'association marnaise « Idées ». Basé à Reims, c'est l'un des 300 groupements d'employeurs de France qui s'occupe de recruter et de placer les salariés tentés par le temps partagé.
Logée à la CCI de Reims, Idées s'occupe d'une trentaine de salariés des métiers de la comptabilité, du contrôle qualité, de la logistique ou des ressources humaines.
Le temps du salarié peut se partager à la journée, à la semaine voire à l'année, cette dernière option concernant notamment les entreprises ayant une activité saisonnière.
Concrètement, ces personnes sont salariées par Idées qui refacture le service rendu aux entreprises adhérentes. L'association perçoit une commission et les entreprises versent une cotisation. Actuellement, avec Idées, la cotisation annuelle est comprise en 50 € et 250 € hors taxes par an, en fonction de la taille des entreprises.
Le salarié a un seul contrat de travail et dépend d'une convention collective spécifique aux groupements d'entreprises.
Dans certaines compétences, les entreprises pourraient faire appel à des prestataires extérieurs. Mais pour Josette Mayeur, le salarié en temps partagé inscrit davantage son action dans la continuité alors que l'intervention plus ponctuelle d'un consultant peut parfois « retomber comme un soufflé » une fois qu'il a fini sa mission.
Le groupement rémois Idées souhaite se développer en travaillant davantage avec Pôle Emploi, et en se rapprochant des syndicats de branche et patronaux.
Idées veut aussi élargir son intervention géographique. Le groupement est présent dans des entreprises de Reims, de Vatry, (notamment au travers d'Air Liquide) et d'Épernay. Josette Mayeur pense que des entreprises d'autres territoires marnais, comme Sainte-Menehould, pourraient être intéressées.
Au niveau national, on pense à développer le temps partagé au travers de nouveaux métiers comme ceux des intermittents du spectacle, qui travaillent de façon souvent ponctuelle avec divers employeurs.
« La création et l'adhésion d'un groupement d'employeur dans le secteur du spectacle permettraient la déprécarisation de ces salariés sans pour autant nuire à leurs indemnités, le groupement devant alors cotiser aux Assedics du spectacle, » estime l'union des groupements d'employeurs français (l'UGEF).
Que cette proposition se concrétise ou non, elle illustre que le temps partagé est un terreau d'innovations sociales intéressant dans un contexte actuel qui n'incite guère les entreprises à l'embauche.
Le groupement d'employeurs de la Marne, « Idées », fête ses dix ans le mardi 23 octobre, de 17 à 21 heures, à l'Affiche (Reims).
Julien Bouillé
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