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Le projet de casino se précise

Publié le samedi 20 novembre 2010 à 11H55 - Vu 571 fois


Avec ce projet, 70 emplois pourraient être créés pour une fréquentation de 200 000 personnes.

Avec ce projet, 70 emplois pourraient être créés pour une fréquentation de 200 000 personnes.


GIFFAUMONT-CHAMPAUBERT (Marne). Le dossier du casino de Giffaumont, mené par le syndicat du Der avance. Une étude a permis d'imaginer le « format » de l'établissement qui sera géré via une délégation de service public.

ON rentre dans le vif du sujet ! Après avoir obtenu le classement de Giffaumont-Champaubert en station de tourisme le 18 février dernier, ouvrant la porte à l'installation d'un casino, le syndicat du Der s'apprête à lancer la délégation de service public (DSP) afin de choisir la société qui construira et exploitera l'établissement.
Jeudi soir, lors de la réunion du comité syndical, Charles de Courson et les juristes* qui assistent le syndicat sur ce dossier, ont présenté une ébauche du casino attendu, ainsi que l'opération financière envisagée pour accomplir le projet.
« Ce casino et les différentes activités qu'il proposera devraient donner à la station l'attractivité nocturne qui fait défaut », rappelle le document qui accompagne la délibération.

180 machines à sous 7 tables de jeux

Seul casino dans un rayon de 150 kilomètres**, l'établissement pourrait compter 180 machines à sous, pour sept tables de jeux et s'appuyer sur une zone d'attractivité de l'ordre de 80 kilomètres (jusqu'à Troyes, Reims, Châlons…). L'activité « jeux de hasard » devrait être complétée par un espace de restauration de 600 m2, un bar lounge, une salle de spectacle et un espace de jeux classique (billards, jeux vidéos…). Une diversification nécessaire à l'heure où les casinos souffrent de la crise, de l'interdiction de fumer et de la légalisation des jeux en ligne.
Une telle structure pourrait créer 70 emplois durables. Selon les estimations du syndicat et de ses conseillers, elle pourrait être fréquentée par 200 000 personnes chaque année et engendrer un chiffre d'affaire de l'ordre de 11 millions d'euros (déduction faite des gains redistribués aux joueurs). En terme de fiscalité, le syndicat percevrait une taxe égale à 15 % du produit brut des jeux, soit une somme de 600 000 euros par an dans l'hypothèse basse, mais qui pourrait dépasser le million d'euros.

Investir plus de 10 millions

Les conclusions de cette étude préalable semblent clairement avantageuses pour la collectivité qui transmet le risque économique à l'exploitant du casino. En effet, le syndicat ne prévoit pas de mettre un euro dans la construction du bâtiment (entre 10 et 20 millions d'euros entièrement financés par la société délégataire). Sa participation se limiterait l'aménagement de la ZAC II Rougemer - 8 à 10 millions d'euros tout de même - financé par un emprunt, et remboursé grâce aux prélèvements sur le produit de jeux du casino. Encore mieux : le syndicat deviendrait propriétaire du casino au terme de la délégation de service public, d'une durée de 20 ans. « Nous souhaitons mettre en place un bail emphytéotique administratif sur la même durée. Nous resterions propriétaire du terrain et nous le mettrions à disposition. Au bout de 20 ans, la délégation de service public sera remise en jeu », explique Charles de Courson. Le casinotier devra se plier aux souhaits du syndicat en terme d'équipement et d'animation, et construire le bâtiment sans être sûr de continuer à l'exploiter au bout de 20 ans. Un appel à candidature sera lancé à l'échelle européenne au mois de décembre, notamment par l'intermédiaire d'insertions dans la presse spécialisée. Les sociétés intéressées auront 52 jours pour se faire connaître et la sélection se fera à partir du projet architectural, des animations prévues ou encore du nombre d'emplois envisagé. Mais face à un deal qui paraît, à première vue, peu avantageux pour un casinotier, Christian Zapior, conseiller général et membre du bureau du syndicat s'est interrogé : « Et si personne ne répond à cet appel ? ». Le syndicat devra modifier les critères d'attributions de la DSP et alors se montrer moins exigeant.
Rémi HAVYARIMANA

*Le bureau d'études Service Public 2000 et le cabinet d'avocat CLL Avocats.
**Les casinos les plus proches Bourbonne-les-Bains, en Haute-Marne (à 170 km), Contrexéville dans les Vosges à (150 km), Amnéville (192 km), Paris et Enghein-les-Bains dans le Val-d'Oise (à environ 200 km).

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MANSA

ici, là ou ailleurs

23/11/2010 à 12h36

pour truchmuch: ce n'est pas le tourisme qui est visé ici, mais l'implantation d'un gros investisseur en casino... Si l'affaire était rentable, ce gros investisseur n'attendrait pas l'argent public pour venir, il l'aurait fait sur ses propres deniers... C'est un peu Ryan-Air à Vatry cette affaire. Quant aux retombées d'emplois, pourquoi pas, mais un casino fait vivre très peu de monde. Quand on sait qu'un autre projet vise à l'implantation, sur ce même domaine, d'une grosse structure proposant hébergement et garderie pour les gamins (pour permettre aux parents de profiter du casino), c'est une clientèle relativement aisée et parisienne qui est attendue. Avec ces deux projets, il n'y aura aucune retombée sur le commerce local, rien pour ceux qui ont créé de petites structures (chambres d'hôtes notamment). Seulement l'ardoise à payer, parce que l'argent public part toujours très vite, et le retour sur investissement est toujours plus lent.

Commentaires anonymes

22/11/2010 à 23h46

Comment imaginer que l'éminent député, spécialiste des finances publiques et droit public puisse ne pas mettre en oeuvre des solutions inattaquables sur le plan de la légalité ?
Sur le fond, l'essentiel n'est-il pas de promouvoir la région CHAMPAGNE-ARDENNE au gré d'un essor touristique prometteur d'emplois ? le pire serait l'immobilisme des ELUS en charge du dossier.

MANSA

ici, là ou ailleurs

22/11/2010 à 19h03

Euh, il n'y a pas comme un gros problème sur ce projet ? On ne peut pas utiliser un bail emphytéotique administratif et une délégation de service public pour un seul et même projet. Sutout que l'on voit mal utiliser le bail, qui ne nécessite pas de mise en concurrence, pour construire des bâtiments qui seraient gérés en DSP, qui, elle, nécessite une mise en concurrence. D'autant qu'il faut, pour un bail, soit une mission de service public, ou un intérêt général. Or, la construction de tels bâtiments n'entre ni dans l'un, ni dans l'autre. Enfin, la DSP prévoit déjà que le candidat puisse construire des bâtiments qui appartiendront, après la première période, à la collectivité. Enfin, juste une question, en passant: comment le syndicat, qui n'a aucune compétence en matière de jeu pourra déléguer ce qu'il ne peut faire lui-même, d'autant que si mes souvenirs sont exacts que sa mission est, d'après ses statuts... de promouvoir les activités touristiques déjà existantes... Espérons que les juristes sont payés au résultat, parce que, à ce niveau là, on peut craindre pas mal d'obstacles... sauf pour les services chargés du contrôle de fermer les yeux.

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