Publié le mercredi 17 octobre 2012 à 09H46 - Vu 77 fois
Ces dernières années, l'église a fait l'objet de nombreux travaux notamment au niveau de la toiture, du parvis et des vitraux. Il reste des trous dans celui de Saint-Etienne, ils datent d'un orage de grêle.
Au siècle dernier, une foule de fidèles participait au pèlerinage de Notre-Dame de La Salette à Binarville. Désormais, ce jour n'est plus célébré que par une messe prévue ce dimanche.
ELLE trône tout au fond du chœur, derrière l'autel. Depuis le XIXe siècle, Binarville voue un culte tout particulier à Notre Dame de la Salette. Une vénération qui tient à l'histoire d'une jeune fille du village que la sainte aurait guérie. Nous sommes en 1853, Mélanie Gomérieux, une jeune infirme, sollicite une neuvaine collective pour obtenir la grâce de la Vierge. Au dernier jour, à l'issue de la messe, elle se lève et, sans l'aide de ses béquilles, marche jusqu'à son logis.
Ce miracle attribué à la sainte changera beaucoup de choses au village. Le plan initial de l'église est agrandi et elle est bénie par le doyen de Vienne-le-Château l'année suivante. Surtout, à partir de 1853, un pèlerinage se déroule chaque année le 19 septembre, date à laquelle la Vierge Marie serait apparue à deux enfants en 1846 en haut du village de La Salette-Fallavaux, près de Corps en Isère. Ce rendez-vous devient bien vite un rassemblement incontournable pour toute l'Argonne. « Les gens venaient de la Marne, des Ardennes et de la Meuse », raconte le maire, Michel Duter.
Trois messes et une procession
La journée démarrait dès 7 heures par une petite messe, à 10 h 30 la foule se rassemblait pour la messe solennelle puis se dispersait à l'heure du déjeuner. L'après-midi, chacun revenait au village pour la procession qui circulait dans toutes les rues et s'arrêtait pour deux reposoirs. « Dans les années 60, je me souviens que les reposoirs se faisaient devant les maisons des familles Paquin et Dégage », relate le maire. A la fin de la journée, un tout dernier office concluait les festivités. Car, en marge des célébrations religieuses, une fête était organisée dans le village. Camelots et badauds s'y rassemblaient.
La Première Guerre mondiale bouscula la tradition. Le village fut totalement détruit et son élégante église ravagée. Elle fut reconstruite entre 1925 et 1927 et le pèlerinage reprit ses droits. Sa date, toutefois, fut décalée au premier dimanche d'octobre.Depuis le début des années 90, il dut une fois de plus s'adapter aux contraintes des temps modernes et la date devint « flottante ». « La cérémonie a toujours lieu en octobre mais en fonction des disponibilités du curé », résume Michel Duter.
Cette année, ce sera donc ce dimanche à 10 h 30. Au fil des ans, la fête du village a disparu, le pèlerinage s'est endormi faute de participants et seule la messe subsiste. « Mais ce jour-là, l'église est pleine. On rajoute même des chaises ! » souligne le maire qui, justement prépare l'édifice à recevoir les fidèles.
Ce n'est pas si fréquent dans notre secteur, deux messes y sont célébrées par un prêtre chaque année - l'une en avril lors de la fête patronale, l'autre pour Notre-Dame de La Salette.
D'autres célébrations sont également assurées par des laïcs. Cette année, le village aimerait relancer la fête de La Salette.
Après avoir ramené au bercail la statue utilisée pour le pèlerinage et qui était conservée au musée de Sainte-Ménehould, le maire ne désespère pas de voir un jour la procession repasser par les rues de Binarville.
Stéphanie VERGER
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site












