Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

Le paysan laboure avec des vers de terre

Publié le mercredi 13 juin 2012 à 07H43 - Vu 290 fois


1 2 3
Le réseau Farre compte 11 fermes dans la Marne.  De g. à dr. : Benoît Collard, président de Farre  dans le département, Jean-Paul Vinot, Claire et Benoît Francart.

Jean-Paul Vinot, agriculteur à Saint-Quentin-le-Verger, laisse les vers de terre vivre dans ses champs. Les vers remplacent le passage d'une charrue. Il utilise aussi des plantes d'inter-cultures pour préparer ses parcelles.


SEZANNE (Marne) Fini la charrue. Aujourd'hui, des agriculteurs comptent sur des vers de terre pour retourner la terre. Le gasoil est économisé. Exemple dans une exploitation près de Sézanne.

JEAN-PAUL VINOT a rangé sa charrue depuis quinze ans. Agriculteur à Saint-Quentin-le-Verger, près de Sézanne, il vient de rejoindre l'antenne marnaise du forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement (Farre). Cette association nationale a pour objet, de promouvoir une agriculture respectueuse de l'environnement.
Car la nature, « il faut faire avec, pas contre », souligne Jean-Paul Vinot, dont les 245 hectares de son exploitation ne sont pas travaillés à la charrue. L'outil détruirait plutôt le sol, selon lui.
« Je remplace le labour par de l'agronomie, explique-t-il, il faut bien connaître ce qu'on a sous les pieds. » Retourner la terre, ce sont des vers de terre qui le font à la place de l'agriculteur. Il suffit d'une bonne bêche pour débusquer ces travailleurs de l'ombre.

« Les sols non labourés regorgent de vers de terre, montre l'agriculteur, ce sont eux qui aèrent le sol en y creusant des galeries. » Il n'y a pas que les lombrics qui se chargent de cultiver la terre.
Certaines plantes d'inter-cultures font aussi un bon travail du sol avec leurs racines, comme la moutarde. « Je sème parfois du blé directement dans de la moutarde », note Jean-Paul Vinot.
But de l'abandon de la charrue : « Une économie d'énergie car on n'utilise plus le tracteur pour labourer, indique l'agriculteur de Saint-Quentin-le-Verger, et on obtient des sols plus durs et plus vivants. »
L'agriculteur n'a pas pour autant remisé tout son matériel au garage. Les nouvelles technologies ne le rebutent pas. « J'ai un nouveau semoir qui permet de mettre de l'engrais uniquement dans le rang, un investissement de 60 000 euros, montre-t-il, j'utilise des techniques de guidage par GPS qui me permettent d'économiser des intrants. »

« Miser sur la biodiversité »
Néanmoins, la technique du labour aux vers de terre n'est pas transposable partout. Claire et Benoît Francart, dont l'exploitation (élevage et culture) de Saint-Rémy-sur-Bussy, près de Suippes, vient aussi d'intégrer le réseau Farre, ne peuvent pas se passer de charrue. « La terre est trop crayeuse, il faut la travailler », indique Benoît Francart, qui veille cependant à ne pas remuer le sol trop profondément, « sur 5 à 6 centimètres seulement, après j'apporte des effluents et du lisier venant de mon élevage ».
Comme le fait Jean-Paul Vinot. « Je pense qu'il ne faut pas prendre le sol comme un simple substrat, ajoute l'agriculture de Saint-Quentin-le-Verger, il faut davantage miser sur la biodiversité. » Notamment sur ces milliers de vers de terre qui retournent la terre.
 

Guillaume TALLON
Imprimer Recommander Wikio digg

Il n'est plus possible de contribuer à cet article.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952