Publié le mercredi 22 février 2012 à 09H47 - Vu 312 fois
De gauche à droite : Raquel Garrido (au micro), Stéphanie Treillet et Françoise Georges.
Photos Christian LANTENOIS
REIMS (Marne) Loin du ton mesuré de François Hollande qui plaît tant aux journaux anglais, le Front de gauche a sorti une nouvelle fois les revolvers de la critique pour canarder les truands de la finance et de l'Europe.
LE Front de gauche avait bien choisi son jour pour causer sur « La dette et l'austérité » hier à Reims. Le jour précisément où le Parlement européen votait une nouvelle loi sur le mécanisme de stabilité qui devrait faire de la démocratie une coquille vide.
Et le fait que le PS appelle simplement à s'abstenir plutôt que de voter non ne pouvait qu'apporter de l'eau au moulin antilibéral de Raquel Garrido, avocate de profession et surtout porte-parole internationale du Front de gauche, et de Stéphanie Treillet, militante féministe et économiste de Convergence et alternative.
Les deux militantes venues de Paris, assistées de Françoise Georges qui se présentera aux prochaines législatives dans la 2e circonscription, ont rappelé les grands thèmes du Front de gauche. Stéphanie Treillet a expliqué que la dette publi- que est une énorme escro- querie qui permet aux dirigeants européens de dégraisser l'Etat et d'assujettir les peuples.
La dette est aussi bien le résultat des cadeaux fiscaux faits aux riches que de l'impuissance de l'Europe à empêcher la désindustrialisation de nos pays.
Qui dit escroquerie dit truand. Dans le rôle de truands donc, les financiers qui ont mis en place les subprimes. Les complices ? Les Etats qui ont renfloué les banques avec l'argent public et qui font payer aux citoyens l'addition. Puisque nous en sommes à parler de truands, et que la crise nous vient des Etats-Unis, pays des cow-boys, on serait tenté de poursuivre sur le mode du western spaghetti. Dans ce scénario, la bête c'est le Parti socialiste qui fait l'ange et ne fait que renforcer ce qu'il prétend critiquer. Pas étonnant pour Raquel Garrido qui a fustigé « le choix que l'on nous impose entre le centre droit et le centre gauche » !
Heureusement dans l'esprit des militants il reste le Mélenchon, c'est-à-dire le bon, qui a promis en cas de victoire de redonner le pouvoir au peuple. Car le peuple est la clef de la démocratie comme l'a rappelé avec lyrisme Raquel Garrido qui n'oublie pas ses origines chiliennes En attendant, car à l'impossible nul n'est tenu, l'avocate a demandé aux militants de mettre une pression maximale sur les sénateurs afin qu'ils refusent la ratification de la loi sur le mécanisme de stabilité.
Si les responsables du Front de gauche ont été hier très clairs et ont montré qu'ils ne confondaient pas leur droite et leur gauche, ce qui reste moins clair c'est quelle alliance ils pourront passer avec un PS accusé d'être plus à droite qu'à gauche.
Bruno TESTA btesta@journal-lunion.fr
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