Publié le mercredi 24 novembre 2010 à 08H41 - Vu 4974 fois
Ancien étudiant à la polyclinique Saint-André de Reims, le dentiste y est revenu cet été pour importuner une jeune infirmière dans les toilettes.
Hervé OUDIN
CHIRURGIEN-DENTISTE né en Israël, diplômé en Roumanie et domicilié à Reims, Eihab Saad Aldiene, 37 ans, est bien inscrit au tableau de l’ordre des chirurgiens-dentistes — la police a vérifié — mais en raison des équivalences requises pour reconnaître son diplôme en France, il lui manque encore plusieurs heures de stage pour avoir le droit d’exercer. Ce ne sont pas ses victimes qui s’en plaindront.
L’homme a travaillé quatre ans à la polyclinique Saint-André de Reims, en tant qu’aide-opératoire d’un chirurgien, du temps où il était étudiant. Le 20 juillet 2010, de retour à Saint-André, il aborde une jeune infirmière en se faisant passer pour l’assistant d’un chirurgien esthétique de la clinique.
Il lui dit qu’il fait des photos pour le catalogue des 3 Suisses, qu’il cherche des modèles et lui propose d’en discuter dans un bureau. L’infirmière se laisse embobiner. Mais au lieu de l’emmener dans un bureau, il l’entraîne dans les toilettes, lui touche la cuisse, baisse son pantalon ; elle le remonte. Il lui soulève le haut ; elle le rabaisse. Il la quitte en lui disant : « Quand on est jolie, on assume ». Elle le voit repartir avec une vieille Golf rouge.
Traquenard aux toilettes
Informés, les policiers de Reims font le rapprochement avec une série de signalements émanant de jeunes femmes importunées dans la rue ou sur des parkings d’hypermarchés par l’occupant d’une voiture rouge qui se présente comme « assistant d’un chirurgien esthétique » de la clinique Saint-André. L’homme déclare chercher des modèles pour les 3 Suisses et a besoin, pour cela, d’examiner leur corps. « Il a soulevé mon short pour voir si je n’avais pas de vergetures », rapporte une victime.
Quinze mains courantes ont été enregistrées. Une seizième femme a porté plainte car le prévenu ne s’est pas contenté de la baratiner.
Tout nu sur le canapé
« Il m’a dit qu’il cherchait des filles pour poser sur les 3 Suisses », témoigne la demoiselle qui a reçu sa visite chez elle le 12 juillet. « Je lui ai dit que ça ne m’intéressait pas. Il est entré quand même. Il s’est assis sur le canapé. Il a enlevé son tee-shirt et a parlé de ses mensurations à l’épaule. Il a ensuite parlé des mensurations de ses fesses. Il a retiré son pantalon, son slip et s’est retrouvé complètement nu devant moi. »
Il aurait demandé à la jeune femme de faire de même pour comparer. Confronté à un refus, il est reparti sans la toucher. Quatre mois après, elle reste traumatisée. « Quand je n’ai pas de visite prévue et que ça sonne, j’ai peur. »
Elle ne peut retenir ses larmes quand elle entend Eihab Saad Aldiene la traiter implicitement de menteuse, puisqu’il conteste s’être déshabillé. Son discours est confus.
Il s’agite à la barre, interrompt tout le monde, proteste en bloc, reconnaît seulement avoir abordé les victimes pour les « draguer ».
Le psychiatre n’a décelé aucun trouble précis, mais le décrit comme « un sujet manipulateur », « obséquieux ».
Par jugement rendu hier en délibéré, le tribunal correctionnel de Reims l’a condamné à six mois de prison assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve comprenant l’obligation de suivre des soins. Psychiatriques, pas dentaires.
Fabrice CURLIER
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