Le Bon Coin pour lui, c'est la prison

Le Bon Coin pour lui, c'est la prison

Publié le jeudi 16 février 2012 à 09H20 - Vu 1277 fois

REIMS (Marne). Avec les carnets de chèques des autres, c'était facile pour lui d'acheter sur le site du Bon coin. Trop facile bien sûr, et la justice l'a rattrapé. Direction la prison pour un an et demi de prison ferme.

LE sourire angélique, petites lunettes rouges, cheveux noirs ondulés… Steve Chausson a tout de l'étudiant modèle.
A 23 ans, son casier fait pourtant déjà mention de cinq condamnations dont, la dernière en date lui vaut un an de prison ferme qu'il purge actuellement à la maison d'arrêt de Laon pour des faits de vols avec dégradation…
Courant 2011, il a ainsi écumé les départements de la Marne, des Ardennes et de l'Aisne.
Le cambriolage du Centre d'activités d'Anizy-le-Château (15 000 euros de préjudice), le 20 juin 2011, c'était lui. Celui de l'école d'Athies-sous-Laon (deux écrans plats, un rétroprojecteur, des scanners, des jeux de société…), en juin 2011 également, c'était encore lui. Tout comme c'est à lui que les mairies de Voharies et d'Asfeld (Ardennes) doivent d'avoir été cambriolées en 2011.
Mardi, c'est pour de tout autres faits qu'il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Reims. Pour des escroqueries au préjudice de 49 victimes. Des escroqueries qu'il va payer lourdement… car en état de récidive.
En mission de surveillance dans une agence du Crédit Lyonnais en travaux en avril 2010, Steve n'a pas eu de meilleure idée que de dérober des carnets de chèques. Son plan : les écouler en achetant divers appareils multimédia sur le site du Bon coin…
Entre avril 2010 et mai 2011, il a ainsi écoulé 49 chèques pour un montant qui avoisine les 23 000 euros. Il a ainsi acquis des dizaines d'ordinateurs portables, tout autant de téléphones, une vingtaine de consoles de jeux, des télévisions… Du matériel qu'il revendait auprès d'établissements tels Cash Converter.
Pour sa défense, le jeune Rémois a expliqué qu'il n'avait pas d'emploi et cherchait à se faire de l'argent facile.
Il aurait mieux fait de faire profil bas et de garder pour lui ce type de pensée. Jocelyn Poul, le substitut du procureur, a requis l'application de la peine plancher - à savoir deux ans - avec maintien en détention. « Vous avez été averti à de multiples reprises. Vous imaginez l'anarchie que ça entraînerait si tout le monde réagissait comme vous ? »
Reconnu coupable, Steve Chausson a repris la direction de la maison d'arrêt. Le tribunal l'a condamné à deux ans de prison dont 6 mois avec sursis… Soit 18 mois ferme qui s'ajoutent aux 12 mois qu'il purge actuellement.

Caroline GARNIER
Dessin Cégira

L'union l'Ardennais