Le « fils parfait » tente de violer sa mère pour la punir

Le « fils parfait » tente de violer sa mère pour la punir

Publié le jeudi 10 février 2011 à 08H48 - Vu 2591 fois

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). « Fais ta prière, tu vas mourir ! » La menace ne peut être plus explicite. Entre le 1er janvier et le 5 février 2010, c'est un véritable enfer que Kamel Abed, a fait vivre à sa mère. Des faits suffisamment graves pour que ce Châlonnais de 43 ans soit placé depuis le 9 février 2010 en détention provisoire dans l'attente de son procès. « L'instruction de ce dossier avait été confiée à un juge de Reims en raison du caractère criminel des faits initialement reprochés », a souligné, hier le président Pépin. « Le dossier a finalement été renvoyé vers le tribunal de Châlons-en-Champagne pour une audience correctionnelle. »
Mercredi, Kamel Abed était poursuivi pour tentative de viol, séquestration et violence grave sur sa mère, âgé à l'époque de 71 ans.
Le 5 février 2010, la septuagénaire se présente au commissariat de police de Châlons pour y déposer une plainte pour viol à l'encontre de son fils. La victime, qui vit avec son fils, explique avoir rendu visite à l'un de ses autres enfants entre le 17 novembre 2009 et le 1er janvier 2010 qui réside aujourd'hui dans le Sud de la France. « A mon retour, Kamel a commencé à me reprocher mon absence avant de m'accuser d'adultère », témoigne la vieille dame. « Je vais te faire ce que tu as fait à d'autres hommes que mon père », lui dira-t-il entre deux gifles. Il exhibe alors son sexe, plaque sa mère sur son lit avant de s'allonger sur elle. Finalement, l'homme n'ira pas au bout de son acte. Plus tard, il se rendra dans une pharmacie pour acheter de la pommade. « J'ai eu une embrouille avec un cousin, c'est pour soigner ses bleus », expliquera-t-il à la pharmacienne. « Je n'allais pas dire que ma mère se tapait la tête contre les murs même si c'était vrai ? » interroge le prévenu.

Un complot
« Donc, ce que l'on vous reproche, c'est faux ? » reprend le magistrat. « J'ai toujours respecté la loi et la justice », s'emporte alors le prévenu. Si le casier judiciaire n'affiche effectivement, aucune condamnation, l'homme a pourtant déjà fait l'objet d'un rappel à la loi pour des violences… sur sa mère. A l'époque, le dossier avait été classé sans suite. « C'est pour cette raison que ma cliente était partie se réfugier dans le Sud », précise Me Antunes, l'avocate de la victime. « C'est par vengeance que Monsieur Abed a agi de cette façon dès son retour. »
A la barre, celui qui se décrit comme « un fils parfait » crie au complot.
Un complot fomenté par sa cousine, son frère et sa voisine. Sur les faits de séquestration qui lui sont aussi reprochés, Abed conteste : « Ma mère pouvait sortir quand elle voulait ». Il omet pourtant de dire qu'il avait confisqué le double des clefs appartenant à sa mère. « Les accusations de ma mère ? Un acte de folie de sa part. Depuis quelque temps, elle ne savait plus trop ce qu'elle disait. »
Ce que contestent pourtant les expertises menées sur elle. « Pourquoi elle n'est pas là pour s'expliquer ? » Pour Me Antunes, « la victime a trop peur de son fils pour venir témoigner ».
La pénaliste demande alors au substitut du procureur d'interdire au fils modèle d'entrer en contact avec la victime.
Pour le parquet, « Monsieur Abed se pose en victime alors qu'il échappe à une quatrième infraction : les menaces de mort ». Pour le représentant du parquet, les faits sont avérés. « Il y a déjà eu un précédent en novembre 2009. »
Me Martin qui assure la défense de Kamel Abed plaide « un dossier plus complexe qu'il n'y parait ». Clairement, « quand un prévenu plaide son innocence, c'est forcément un fou ». Et de reprendre : « Je ne vois pas dans ce dossier des certitudes telles qu'il y aurait tentative de viol ou séquestration ».
Le tribunal a condamné le Châlonnais à deux ans de prison dont un avec sursis, une peine assortie d'une interdiction d'entrer en contact avec sa mère. Malgré le jugement, il a continué à crier « à l'erreur judiciaire ». Il dispose de dix jours pour faire appel.
C.L.

L'union l'Ardennais