L'assistant du médecin est un humanoïde

L'assistant du médecin est un humanoïde

Publié le mercredi 10 octobre 2012 à 09H43 - Vu 636 fois

REIMS (Marne). Un chirurgien-urologue rémois teste actuellement un robot qui lui permet d'assurer une « téléprésence » à distance auprès de ses malades.

Les robots remplaceront-ils l'Homme un jour ? Il est trop tôt pour le dire, même si on pressent la réponse. Cela n'empêche pas d'essayer l'utilisation d'un robot pour l'assister dans la surveillance à distance. Actuellement, un chirurgien-urologue rémois, Alain H. teste un « humanoïde » dans la clinique privée qui l'emploie. Le but est de trouver le moyen technique d'être au plus près du malade tout en étant occupé ailleurs.

Outre ses fonctions médicales, le docteur H. est le référent de l'établissement pour la veille technologique dans les domaines de la robotique et de la domotique, qui ont fait depuis longtemps leur entrée dans les pratiques quotidiennes « statiques » des chirurgiens.

Cette fois, il s'agit d'aller encore plus loin en permettant au médecin de ne pas se « couper » de son malade alors qu'il est occupé par ailleurs. L'humain n'ayant pas le don d'ubiquité, il lui faut un substitut pour, sinon le remplacer, au moins l'assister, surtout quand le recours à l'expertise s'avère nécessaire.

Prenons l'exemple du docteur H., occupé dans un bloc opératoire, en milieu stérile. On l'appelle parce qu'un malade alité dans sa chambre ne va pas bien. Le personnel soignant disponible a besoin d'un avis urgent. Sans le robot, le praticien a deux solutions : soit régler le problème par téléphone, mais sans voir le malade ; soit suspendre son activité, se « dé-stériliser », courir vers la chambre, consulter le malade, puis repartir vers le bloc.

Avec le robot mobile « Jazz » mis au point ces dernières années par une « start-up » française, le docteur H. peut rester au bloc et téléguider son « assistant » vers son malade. Le robot est muni d'une caméra et de micros qui seront les yeux et les oreilles du médecin. A l'inverse, un écran et des haut-parleurs permettront au malade de voir celui qui le soigne et de lui parler. La haute définition de ces fonctions renforce l'illusion de la présence de l'un par rapport à l'autre et la qualité de la relation médicale.

A ce jour, le robot du docteur H. en est toujours au stade expérimental car il faut une liaison parfaite entre l'ordinateur du médecin et le robot. Ce qui n'est pas encore le cas. A terme, cependant, cet humanoïde sera utile dans les services médicaux où la surveillance de plusieurs malades est impérative, même si elle s'effectue avec un personnel très occupé ou en effectif réduit. C'est le cas par exemple du service de réanimation, en dialyse, dans le cas de pathologies lourdes ou chroniques, aux urgences psychiatriques, voire même dans les infirmeries pénitentiaires. Utile aussi pour les praticiens qui interviennent dans plusieurs établissements.

Plus tard, le robot pourra être mis à la disposition des proches d'un malade dans l'incapacité de se déplacer pour lui rendre visite. En se plaçant devant sa « webcam » et en se connectant via internet, le parent du malade pourra le voir pendant un temps donné et communiquer avec lui dans d'excellentes conditions.

Reste cependant à résoudre des questions juridiques sur la protection des données médicales et de la vie privée et, sur le plan technique, à assurer une liaison parfaite entre l'ordinateur du médecin et son assistant robotisé. Lequel ne peut pas encore remplacer le médecin, « tout simplement parce que le robot n'a pas de bras » sourit le docteur H.

 

L'union l'Ardennais