L'Afpa endettée jusqu'au cou

L'Afpa endettée jusqu'au cou

Publié le mercredi 05 décembre 2012 à 08H29 - Vu 1560 fois

REIMS (Marne). L'agence en charge de la formation des adultes est endettée jusqu'au cou. A tel point que son avenir est remis en cause dans les mois à venir.

DE mois en mois, avec la régularité du métronome, les chiffres du chômage progressent dans la région. Alors que les guichets de Pôle emploi connaissent la foule, les bancs des formations dispensés par l'Afpa sont clairsemés. Un paradoxe qui s'explique notamment par la propre situation de cette structure visant à la formation professionnelle des adultes.
« On nous annonce un déficit national de plus de 65 millions d'euros au niveau national. La semaine passée, nous avons été reçus par un représentant du cabinet du Premier ministre. Il nous a clairement indiqué que si les banques ne suivaient pas, les jours de l'Afpa étaient comptés » soutient Denis Brocard, membre de la CGT et représentant de l'intersyndicale de Champagne-Ardenne, qui poursuit : « on se trouve bien dans le paradoxe le plus complet avec une situation désastreuse de l'emploi et des centres de formation qui sont loin d'être remplis. Si la chute de l'Afpa est avérée et elle pourrait l'être dès le début de l'année 2013, l'avenir sera plus dur encore pour des centaines de chômeurs ou d'actifs en reconversion. »

Plus de 2 000 personnes par an

A Reims par exemple, ce ne sont pas moins de 2 000 personnes environ qui reçoivent des formations au sein de l'Afpa, chaque année.
Des centaines de personnes qui ont six chances sur dix de retrouver un emploi après être passées entre les mains des formateurs. « C'est incontestable, entre 60 et 70 % des personnes qui reçoivent nos formations trouvent un travail dans l'année qui suit l'obtention d'un de nos diplômes », continue le responsable syndical.
Selon, les organes de représentation des salariés, l'Afpa de Champagne-Ardenne serait déficitaire « de plus de deux millions d'euros ».
Le problème principal viendrait du taux de remplissage des formations. « Nous observons au niveau de la Champagne-Ardenne et des six points de la région que les formations données au centre de Reims sont remplis aux trois quarts. Malheureusement, les cinq autres pôles régionaux sont très loin de présenter un tel taux. »

Plan de refondation

Afin de faire face à la situation actuelle, un grand plan de refondation devrait voir le jour dans les semaines à venir pour éviter le pire.
Si son contenu n'est pas encore totalement dévoilé, Denis Brocard craint fort que le pire soit à venir. « Un plan de refondation. Voilà qui veut tout et rien dire. Aussi, on nous prépare des plans de réduction draconiens. Nous savons pertinemment que nous allons subir des coupes budgétaires importantes, si ce n'est plus. »
Le pire évoqué serait la fin pure et simple de cet organisme de formation. Ce qui continuerait un séisme supplémentaire pour le secteur de l'emploi au sein de nos territoires.
Et, bien évidemment, un facteur aggravant pour le chômage.

Th.D.

L'union l'Ardennais